Actualisé 23.05.2019 à 17:16

Militants amendés

«On ne s'excusera pas, on préfère aller en prison»

Après une action d'occupation d'une filiale de Credit Suisse, des militants pour le climat ont reçu une amende pour violation de domicile. Par principe, ils ont fait opposition à la sanction et une pétition.

de
Pauline Rumpf

L'action avait été assez brève: en novembre, une trentaine de jeunes du groupe Lausanne Action Climat (LAC) avaient simulé des matchs de tennis dans les filiales de Credit Suisse de Genève et de Lausanne et devant celle de Bâle. A Lausanne, le blocage avait duré une heure et demie, terminée par une intervention de police pour sortir les militants l'un après l'autre, dans le calme. Ceux qui avaient refusé d'obtempérer, soit une douzaine de jeunes, avaient été identifiés. La banque avait déposé plainte.

Ces jeunes ont maintenant reçu la sanction: elle s'élève pour chacun à 600 fr. d'amende, 200 fr. de frais de justice, ainsi que 30 jours-amende à 30fr. avec sursis. «Mais on a fait opposition. On préfère aller en prison que de s'excuser en payant cette amende», explique Paul, 22 ans. Onze d'entre eux iront donc devant un tribunal de police cet été, et seront défendus bénévolement par un collectif d'avocats.

«Une infraction pour un motif honorable»

«On sent bien qu'on veut faire de nous un exemple pour décourager les actions futures, ajoute Alexandra, 21 ans. Mais il serait grave qu'on préfère jeter la jeunesse en prison plutôt que de changer une politique climatique destructrice.» Pour l'avocate des militants, Me Wettstein, la question des intentions entre en compte: «Qui doit vraiment être condamné dans cette affaire? Ces militants sont pacifistes et ont un mobile honorable.» Les opposants plaideront l'«état de nécessité», qui dédouane quelqu'un qui commet une infraction pour empêcher un dommage plus grave.

Une pétition a été lancée mardi, et a déjà recueilli plus de 1300 signatures. Une cagnotte a également été ouverte, et servira à soutenir le mouvement et payer les frais de justice, mais n'est pas destinée à payer l'amende, puisque les activistes n'en ont pas l'intention.

Une action contre les investissements non durables

Les militants ont imaginé leur action autour de Roger Federer, qui vend son image à son sponsor Credit Suisse. Ils reprochent à la banque ses investissements dans les énergies fossiles comme les sables bitumineux, le gaz de schiste ou encore le charbon. Dans cette action, ils demandaient symboliquement, mais sans grande illusion, à Roger Federer de se retirer du contrat.

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