Genève«On ne veut pas d’enfants au poste de police pour une trott électrique»
Les forces de l’ordre ont entamé une campagne à l’école pour rappeler que les trottinettes électriques sont interdites sur la voie publique aux moins de 14 ans.

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Getty Images/iStockphotoAprès les trottoirs, les routes et les pistes cyclables, les écoles constituent le nouveau théâtre d’opération de la police cantonale en matière de trottinette électrique. Le boom de ces engins, leur potentielle dangerosité et les règles d’utilisation méconnues ont poussé les forces de l’ordre à aller plus loin que les contrôles et la sensibilisation effectués sur la voie publique. Elles profitent de la rentrée scolaire pour lancer une campagne, particulièrement pour les 13-15 ans du Cycle d’orientation, mais aussi au primaire.
Pas de permis, pas d’e-trottinette
«Certains parents achètent des e-trottinettes à leurs enfants et ignorent qu’elles sont interdites sur la voie publique aux moins de 14 ans, alerte Alexandre Brahier, porte-parole de la police. Par ailleurs, entre 14 et 16 ans, les utilisateurs de ces machines doivent être détenteurs d’un permis M (cyclomoteur) ou G (engin agricole).» Via des flyers dans les établissements scolaires et des messages sur les réseaux sociaux, une information est également délivrée ces jours-ci pour rappeler que les véhicules en circulation ne respectent de loin pas tous les normes en vigueur (cf. encadré).
Un tour au commissariat
«On n’a pas envie de voir des enfants et leurs parents dans nos locaux, souligne le communicant. Mais circuler sur de tels engins lorsqu’on est trop jeune relève du délit, au sens de la loi sur la circulation routière.» Un enfant de moins de 14 ans pincé en e-trottinette peut être convoqué au poste avec son représentant légal – sa maman ou son papa. La suite? «Ils seront entendus, un rapport sera envoyé au Ministère public ainsi qu’au Tribunal des mineurs, et une amende leur sera dressée», détaille Alexandre Brahier.
De l’autre côté de la Versoix, pas de campagne spécifique prévue, comme à Genève. «On fait plutôt de la prévention au cas par cas, informe Florence Maillard, porte-parole de la police vaudoise. Les règles pour les e-trottinettes sont aussi expliquées lors de nos cours habituels de prévention scolaire.»
Responsabilité des parents
Pour sa part, la Fédération genevoise des associations de parents d’élèves de l’enseignement obligatoire applaudit l’initiative des forces de l’ordre genevoises: «Rappeler les règles et faire de la prévention auprès des familles est une bonne chose, relève Anne Thorel Ruegsegger, secrétaire générale. Les parents doivent assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants.»
Une fusée à 89 km/h
«C’est un record absolu dans notre canton», assure Alexandre Brahier. Mardi dernier vers 21h, lors d’un contrôle dans le quartier de Plainpalais, le compteur d’une e-trottinette a grimpé à 89 km/h! «Une telle vitesse sur un engin aussi peu stable, c’est vraiment dangereux. Il suffit d’une légère déformation sur la chaussée pour qu’une perte de maîtrise ait lieu avec les conséquences que cela implique, pour le conducteur mais aussi pour les autres usagers de la route.» Dans l’espace public, la loi fédérale sur la circulation routière interdit ces engins s’ils peuvent rouler au-delà de 20 km/h. La police genevoise observe une certaine tolérance, selon les circonstances; mais à plus de 30km/h, la sanction est sans appel. La trott électrique en infraction est immédiatement saisie puis envoyée à la fourrière, et son détenteur doit s’acquitter d’une amende. Tarif de base: 320 francs.

Séquestré depuis mardi par les forces de l’ordre, cet engin peut atteindre 89 km/h.
Police cantonale