Hockey sur glace: «On ne vient pas à Lausanne pour rigoler»

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Hockey sur glace«On ne vient pas à Lausanne pour rigoler»

Claude Giroux, le capitaine des Philadelphia Flyer,s nous a accordé quelques minutes avant le match de gala lundi face au LHC (20h).

Jérôme Reynard
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Jérôme Reynard

Les Philadelphia Flyers ont pris ce vendredi la direction de l'Europe pour les NHL Global Series. En attendant l'étape de Lausanne et le match d'exhibition de lundi à la Vaudoise aréna face au LHC, le capitaine de la franchise de Pennsylvanie Claude Giroux (31 ans) nous a accordé quelques minutes par téléphone. Entre un petit déjeuner et un entraînement, au volant de son véhicule.

Claude Giroux, si on vous dit «Suisse», vous répondez Mark Streit, évidemment! J'ai joué avec lui durant quatre saisons (ndlr: entre 2013 et 2017). Il a même été mon assistant.

Et sinon? J'ai eu l'occasion d'avoir un aperçu de votre pays il y a deux ans, lorsque l'on préparait le Championnat du monde en France et en Allemagne avec le Canada. On avait affronté la Suisse à Genève (ndlr: une victoire 4-1, avec un but de Giroux). J'en garde un bon souvenir. Et je me réjouis de revenir pour découvrir Lausanne, cette fois.

Qu'est-ce qui nous dit qu'on ne va pas assister à une rencontre d'exhibition avec peu de rythme et d'engagement, lundi, entre les Philadelphia Flyers et le LHC? Il s'agira de notre ultime test avant notre premier match de championnat, quatre jours plus tard à Prague (ndlr: face aux Chicago Blackhawks). On ne sera pas là pour rigoler, mais pour gagner et engranger de la confiance tout en soignant certains détails. D'autant que l'on a une meilleure équipe que lors de la dernière campagne. On a le potentiel pour franchir un palier (ndlr: les Flyers n'ont plus atteint le 2e tour des play-off depuis 2012). Ce serait bête de ne pas mettre toutes les chances de notre côté.

Que pensez-vous de ces NHL Global Series? Honnêtement, j'ai toujours été jaloux des autres franchises qui allaient disputer ce genre de rencontres en Europe. C'est bon pour nous et pour la NHL de s'exporter, de se mettre en vitrine ailleurs qu'en Amérique du Nord. Et puis, si en plus cela se fait dans des villes aussi séduisantes que Lausanne ou Prague

Il y a toutefois un côté fatiguant et contraignant, non? Le voyage est plus long que ce à quoi nous sommes habitués, c'est vrai. Mais notre programme a été établi en fonction des paramètres que vous évoquez. Je ne me fais aucun souci. Au contraire, je suis avant tout impatient de vivre cette expérience.

Vous entamez votre 12e saison de NHL, la 8e en tant que capitaine des Flyers. Qu'est-ce que cela vous inspire? Si on me l'avait dit quand j'étais gamin

A l'époque, on disait surtout de vous que vous étiez trop petit pour réussir dans ce sport. Oui. Je ne sais pas combien de fois j'ai entendu cette remarque. Aujourd'hui, elle me fait sourire. Mais si je suis arrivé là où je suis malgré ma taille (ndlr: 1,80 m), c'est également parce que la NHL a changé. Dans la Ligue nationale d'autrefois, très physique, les choses auraient peut-être été différentes.

Voilà qui nous fait penser à un autre joueur, suisse d'ailleurs. Nico Hischier? C'est vrai. La NHL d'aujourd'hui correspond parfaitement à son style de jeu: à sa vision, à ses qualités techniques et à sa rapidité d'exécution. C'est pour cela qu'il s'est aussi bien adapté.

Lorsque l'on perd une finale de la Coupe Stanley, comme ce fut votre cas en 2010 contre Chicago (celui de Cristobal Huet), quel souvenir en garde-t-on? Avant tout celui d'une expérience incroyable jusqu'en finale, avec le sentiment fou d'avoir toute une ville derrière soi. Maintenant, évidemment que j'aimerais y retourner pour connaître une issue plus heureuse.

Une finale de la Coupe Stanley mais aussi un titre de champion du monde. Il ne vous manque que les Jeux olympiques. Les choses sont ce qu'elles sont. Je n'ai jamais été sélectionné pour les JO (ndlr: sa non-convocation pour Sotchi 2014 en avait étonné plus d'un). Et actuellement, à l'instar des autres joueurs de NHL, je n'ai plus le droit d'y aller. Mais peut-être que la situation évoluera à l'avenir. Je l'espère parce que cela reste un rêve de gosse.

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