Covid à Genève - «On ne vivra pas toujours masqués»
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Covid à Genève«On ne vivra pas toujours masqués»

La médecin cantonale genevoise estime qu’une fois la campagne de vaccination achevée, il faudra cohabiter avec le covid, immunisés ou pas.

par
Maria Pineiro
Vendredi midi, 95 personnes étaient hospitalisées à Genève pour cause de covid. 

Vendredi midi, 95 personnes étaient hospitalisées à Genève pour cause de covid.

Lucien FORTUNATI

A Genève, comme dans le reste du pays, le nombre de nouveaux cas de covid-19 augmente pour se situer entre 150 et 200 par jour. «Il y a eu une augmentation marquée au retour des vacances fin juillet, puis un plateau, a détaillé vendredi la Dre Aglaé Tardin, médecin cantonale, lors du premier point presse depuis le début des vacances. Les cas augmentent à nouveau et nous nous attendons à une hausse plus franche à cause de la rentrée et du brassage des populations.» La responsable a égrené des chiffres peu rassurants quant à l’évolution de la situation sanitaire dans le canton. Les dernières données font état de 95 hospitalisations, dont 54 pour un covid aigu, 10 patients aux soins intensifs et une incidence ainsi qu’un taux de positivité en hausse. Aglaé Tardin a par ailleurs indiqué qu’à l’heure actuelle 9 personnes hospitalisées sur 10 ne sont pas vaccinées.

Choisir son immunité

Ces chiffres ne constituent pas forcément de mauvaises nouvelles, selon la responsable, «puisqu’on sait que dans la phase de normalisation actuelle, nous allons tous entrer en contact avec le virus. Probablement la seule stratégie pour sortir de la crise». Pour la population, il s’agit maintenant de choisir de quelle manière elle souhaite s’immuniser: vaccin ou infection. Pour Aglaé Tardin, la vaccination est souhaitable à la voie naturelle, car elle comporte moins de risques et apporte une immunité plus solide.

La médecin cantonale a estimé que la vaccination apportait de nombreux avantages: elle diminue le risque d’infection ou de contracter une forme sévère du Covid. Elle permet également d’éviter des quarantaines et de préserver sa vie sociale. «On ne vivra pas toujours masqués», a imagé Aglaé Tardin, expliquant que quand toutes les personnes qui le désirent auront été vaccinées, alors le masque pourra tomber. «Les personnes qui auront fait le choix de renoncer à la vaccination en assumeront les risques. C’est le dernier moment pour choisir de se faire piquer.»

Taux d’immunité élevé recherché

La stratégie poursuivie est celle de la cohabitation avec le covid. «Mais pour vivre avec le virus sans masque, il faut un taux d’immunité élevé. Et pour cela, la vaccination est le meilleur outil», a insisté Aglaé Tardin. La vaccination des plus vulnérables n’est pas suffisante, car leur système immunitaire est plus faible, a-t-elle prévenu. La responsable a précisé que les HUG avaient un plan pour augmenter leur capacité d’accueil. Quant à savoir s’il faudra à nouveau paralyser l’hôpital pour soigner des malades du Covid et à partir de quand de nouvelles mesures de restriction devraient être mises en place, elle a indiqué que c’était au politique de répondre. L’augmentation du nombre de personnes hospitalisées «est le seul enjeu, a insisté la médecin cantonale. Nous pouvons laisser circuler le virus, pour autant que l’on puisse prendre tout le monde en charge à l’hôpital.»

Augmentation de la vaccination

Après des débuts tonitruants, la campagne de vaccination s’est fortement ralentie avant de retrouver un second souffle. «Il y a une augmentation de 25% de semaine en semaine, s’est réjouie Nathalie Vernaz-Hegi, pharmacienne cantonale. Cette semaine, 1500 rendez-vous ont été pris. La semaine prochaine, ce sont 2500.» Elle a rappelé que quatre centres de vaccination étaient encore à disposition des Genevois. Les capacités vont être prochainement augmentées, notamment par un élargissement d’horaires, pour pouvoir répondre à la demande. «Ce qui marche vraiment, c’est la vaccination sans rendez-vous», a spécifié Nathalie Vernaz-Hegi. Dans cette optique, une équipe mobile va être mise sur pied pour aller au-devant des étudiants sur différents sites de l’université et de HES et des communes suburbaines denses, comme Vernier ou Meyrin. «Il faut y réfléchir maintenant, c’est le moment crucial», a-t-elle conclu.

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