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Janelle Monáe«On nous assassine, c’est exaspérant!»

L’actrice et chanteuse Janelle Monáe ne supporte plus le racisme envers les Noirs, qui, selon elle, n’a jamais cessé.

par
Miguel Cid
L’Américaine Janelle Monáe, 34 ans, est à l’affiche du film d’horreur «Antebellum».

L’Américaine Janelle Monáe, 34 ans, est à l’affiche du film d’horreur «Antebellum».

AFP

Chanteuse et bête de scène, Janelle Monáe s’est aussi fait une place à Hollywood. L’ Américaine de 34 ans incarne une écrivaine confrontée à des suprémacistes blancs dans le film d’horreur «Antebellum», actuellement en salle. Dans la vie, comme au cinéma, elle dénonce fermement le racisme envers les Noirs. Elle s’est confiée en exclusivité à «20 minutes».

Pourquoi considérez-vous votre personnage comme une superhéroïne moderne?
C’est vrai que j’ai dit ça, mais je souhaite me rétracter. Je n’aime pas la notion selon laquelle les femmes noires ne sont pas humaines, comme si nous étions surhumaines et que c’était notre job de sauver le monde. Ce n’est pas à nous de démanteler le racisme systémique et le suprémacisme blanc. Ce film montre ce que nous sommes capables de faire, mais j’aimerais aussi qu’on nous laisse un peu en paix.

Avez-vous subi des microagressions racistes, comme votre personnage dans la scène du restaurant?
Absolument, et souvent. Petite, lorsque j’allais au restaurant avec ma famille, on nous traitait différemment, surtout si les clients étaient en majorité blancs et aisés. Posez la question à toute personne noire et je vous parie que chacune aura une histoire à raconter. Ce film montre le lien qui existe entre ces microagressions et les politiques racistes du gouvernement.

Le film sort dans un climat de tensions raciales aux États-Unis.
J’espère qu’il fera réaliser aux gens que le passé n’est pas mort. Ce qui se passe aujourd’hui est le fruit de l’esclavage et de politiques racistes. Si on ne se mobilise pas sérieusement pour voter et déloger Donald Trump de la Maison-Blanche, si on ne fait rien pour démanteler le suprémacisme blanc, nous sommes fichus.

Avez-vous peur de vivre en Amérique aujourd’hui?
Est-ce que j’aime mon pays en ce moment? Non, pas toujours. Il y a certaines choses que j’aime et d’autres que je ne peux pas accepter. On nous assassine quand on fait du jogging, quand on proteste, quand on dort dans notre lit. Tout ça est profondément exaspérant.

De quoi êtes-vous le plus fière dans votre carrière multifacette?
Je dirais que je suis programmée pour bosser et ne jamais me reposer sur mes lauriers. Je suis toujours tournée vers l’avenir. Je n’aime pas répéter les mêmes trucs, donc j’essaie constamment de me dépasser et tout donner. Là où je suis le moins fière, c’est quand j’ai peur de prendre des risques artistiques.

Vous vous êtes produite trois fois au Montreux Jazz. Quand allez-vous y revenir?
Bon, personne n’est en tournée en ce moment donc je ne peux pas revenir tout de suite! Mais j’adore Montreux et toutes les belles expériences que j’ai vécues dans cet endroit magnifique. Si vous m’invitez et que mon emploi du temps le permette, j’arrive!

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