Canicule: «On pourrait faire mieux pour les personnes isolées»

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Canicule«On pourrait faire mieux pour les personnes isolées»

Les chiffres suggèrent une surmortalité cet été. Mais on manque d’outils de pilotage.

par
Pauline Rumpf
Des bracelets comportant des capteurs pourraient être utilisés pour monitorer les personnes âgées isolées, évoque le médecin cantonal neuchâtelois.

Des bracelets comportant des capteurs pourraient être utilisés pour monitorer les personnes âgées isolées, évoque le médecin cantonal neuchâtelois.

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Quelques dizaines de morts de plus que les prévisions maximales, chaque semaine, et même plus de 170 fin juillet; c’est ce que montrent depuis mi-juin, les chiffres des décès de l’Office fédéral de la statistique (OFS) pour les personnes de 65 ans et plus. La canicule a bien causé une surmortalité, même si les observateurs l’estiment «légère». On la constate notamment dans les cantons de Vaud et du Valais, mais aussi à Bâle.

Depuis quelques semaines, la courbe dépasse la fourchette des valeurs attendues, qui tient compte notamment des variations liées à la pandémie.

Depuis quelques semaines, la courbe dépasse la fourchette des valeurs attendues, qui tient compte notamment des variations liées à la pandémie.

OFS

L’OFS et les cantons rappellent par ailleurs que les données sont loin d’être consolidées pour l’instant, et qu’il faut environ deux ans avant de pouvoir décrire avec certitude les effets d’une crise sur la mortalité. «Pour une personne souffrant d’une maladie aiguë ou chronique exacerbée par l’épisode caniculaire, le décès ne sera pas forcément attribué à la chaleur», ajoute Lilyane Impalà-Lagarde, chargée de communication du Département vaudois de la santé.

Éviter les morts plutôt que les compter

Le signal est cependant déjà clair, estime le médecin cantonal neuchâtelois Claude-François Robert. «Mais cette surveillance à retardement n’est pas utile comme outil de gestion de crise, analyse celui qui a également travaillé longtemps à la Direction générale de la santé du Canton de Genève. Lors de précédents pics de mortalité, on est parfois passé par les pompes funèbres, dont les données sont les plus immédiates. Mais la santé publique consiste d’abord à prévenir les morts plutôt qu’à les compter.»

La prévention développée depuis le choc de 2003, qui avait causé 975 décès «évitables», a bien un effet, se réjouit-il: le personnel soignant est mieux formé, et la population mieux informée. Mais on pourrait faire davantage, notamment pour les personnes non médicalisées, estime le médecin cantonal. Les personnes vivant encore chez elles se retrouvent plus facilement isolées, d’autant plus en période de vacances de leurs proches, et le système actuel n’est pas parfait. «Aujourd’hui, on les appelle pour prendre des nouvelles, mais l’idéal serait d’utiliser des capteurs de température corporelle et de rythme cardiaque, qui existent dans un format miniature depuis longtemps déjà.» Le projet, qui nécessiterait études et coordination, en est uniquement à ses balbutiements, notamment parce que «les équipes sont sur les rotules après la pandémie», rappelle Claude-François Robert. 

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