«On tabasse, on humilie et on filme»: un vrai fléau
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«On tabasse, on humilie et on filme»: un vrai fléau

LAUSANNE – Quinze cas de «happy slapping» ont été recensés l'an passé en ville. Le phénomène arrive en force.

«On tabasse, on humilie et on filme», a déploré hier Gérald Hagenlocher, commandant de la police lausannoise. Claques, coups de pied, mise à genou de la personne avec demande de pardon, l'agression est provoquée dans le but d'être filmée. Un jeu dangereux pratiqué par des mineurs, constaté en 2006 par la police, qui a présenté hier son bilan de sécurité. Les chiffres connus sont en dessous de la réalité, révèle Jean-Marc Granger, chef de la brigade de la jeunesse. «Cela peut être le double ou le triple», selon lui.

La prévention effectuée auprès des élèves de 6e et 8e années fait partie des actions menées. Plus largement, la participation des mineurs dans des bastons a augmenté de 12% en un an. Il s'agit surtout de récidivistes. Autre phénomène préoccupant: la hausse de près de 28% des voies de fait et lésions corporelles, «qui est très liée à la vie nocturne foisonnante», a précisé le municipal de la police, Marc Vuilleumier. «Nous avons des gens de Lyon ou de Grenoble qui viennent exprès pour chercher la baston», assure le commandant de la police. La parade? Renforcer la collaboration avec les boîtes de nuit, afin que la police intervienne le plus tôt possible. Cela passe par la signature d'une charte, adoptée seulement par neuf discos sur 41 établissements publics. «Avec l'ouverture en juin, jour et nuit, du poste de police à la gare, il y aura davantage de présence policière en ville», ajoute le municipal.

Sophie Roselli

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