On touche plus d'aide sociale à Sion qu'en Appenzell
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On touche plus d'aide sociale à Sion qu'en Appenzell

Le domicile influence fortement la situation financière des bénéficiaires. La Conférence suisse des institutions d'action sociale propose des pistes aux cantons pour faire disparaître ces inégalités.

Les différences de revenus libres, une fois les charges sociales déduites, s'expliquent par le fait que certains cantons ne se réfèrent pas aux normes CSIAS pour calculer le minimum vital, a-t- on pu lire dans un communiqué mercredi. De plus, les encouragements financiers pour favoriser l'intégration professionnelle et l'accès au travail rémunéré sont appliqués de manière différente.

Première étude comparative

Le coût de la vie différent selon les cantons ne joue pas de rôle, car il est en règle générale intégré au calcul de l'aide sociale, selon la CSIAS. La Conférence publie pour la première fois une étude comparative de l'impact de l'aide sociale sur les revenus disponibles libres dans les chefs-lieux des 26 cantons.

A titre d'exemple, une femme élevant seule son enfant, sans activité professionnelle, voit son revenu disponible annuel différer de l'ordre de 7000 francs selon son lieu d'habitation: elle dispose de 23.377 francs à Sion contre 16.986 francs à Appenzell. Ces montants sont obtenus après déduction du loyer, des primes d'assurance-maladie, des frais de crèche et d'éventuels impôts.

Les familles avec deux enfants, dont les parents travaillent, mais dépendent partiellement de l'assistance sociale, subissent une différence de revenu disponible de l'ordre de 10.000 francs. Avec un revenu annuel de 28.559 francs prevenant d'une activité lucrative, cette famille dispose d'un revenu libre de 36.044 francs à Sion et de 26.559 francs à Bellinzone.

Mesures politiques

Ce traitement inégal n'est pas acceptable, selon Carlo Knöpfel, chef de projet de l'étude. Dans certains cantons, il ne suffit pas d'adapter l'aide sociale pour assurer un traitement équitable. Il faut en plus mettre en place des systèmes fiscaux favorisant les familles et exempter d'impôts le minimum vital, selon la CSIAS.

Cette étude confirme également l'existence de l'«effet de seuil». Ce qui signifie que les ménages qui ne bénéficient d'aucune aide, ne sont pas toujours dans une meilleure situation que des personnes soutenues par l'aide sociale.

Pour remédier à cette situation, la CSIAS préconise que l'aide sociale ne soit pas retirée trop tôt aux bénéficiaires exerçant une activité rémunérée. La charge d'impôt sur les bas revenus ne devrait pas non plus être trop élevée.

«Travailler doit être payant»

Cela vaut la peine presque partout d'avoir un emploi rémunéré en plus de l'aide sociale, selon la CSIAS. Elle relève cependant que le travail salarié des «working poor» est reconnu très diversement selon les cantons. (ats)

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