Actualisé 24.10.2014 à 07:34

Tennis - Bâle

«On traite tout le monde de la même manière»

Directeur des Swiss Indoors, Roger Brennwald se réjouit de la position de son tournoi dans le calendrier et explique pourquoi il déroule le tapis rouge aux joueurs.

de
Laurent Morel, Bâle
Roger Brennwald a fait du tournoi de Bâle le passage obligé pour un bon nombre des meilleurs joueurs du Circuit.

Roger Brennwald a fait du tournoi de Bâle le passage obligé pour un bon nombre des meilleurs joueurs du Circuit.

Votre position dans le calendrier, peu avant le Masters de Londres, vous aide-t-elle à attirer les meilleurs joueurs du monde?

Bien sûr. Il y a une compétition entre les joueurs pour les dernières places pour les finales. C'est une des raisons qui fait qu'on a chaque année un beau tableau à Bâle. Ca facilite l'engagement des joueurs à cette date, juste avant Paris-Bercy. Ce qui est important, c'est qu'il y a désormais une semaine de libre entre le tournoi français et Londres. Heureusement pour nous car les joueurs du Top 8 n'étaient pas prêts à jouer trois semaines de suite. C'est la raison pour laquelle les tous meilleurs se sont souvent retirés au dernier moment ces dernières années.

Les dates ne peuvent être plus favorables, donc?

Non, en effet. Ce qui est très important, c'est que le tournoi soit en automne, en dehors des vacances et après les grands tournois de l'année. En étant l'un des derniers dans le calendrier, on a la possibilité de faire la promotion en été. Durant la période estivale, vous pouvez atteindre les gens dans les clubs de tennis, qui sont ouverts à ce moment. C'est notre clientèle. C'est la raison pour laquelle on a renoncé à être déplacés au mois de janvier ou de février.

Le tournoi de Valence se déroule en même temps. Berdych et Murray ont demandé au dernier moment à rejoindre le tableau de l'épreuve espagnole. Les joueurs viennent-ils aussi vers vous pour avoir des invitations de ce genre?

Ca dépend des années. Certaines fois, personne ne nous demande de wild card alors que d'autres fois, il y a une dizaine de joueurs dans cette situation. Cette année par exemple, il y avait peu de demandes. Les joueurs avaient pris leurs dispositions à l'avance. Murray et Berdych n'avaient pas prévu de jouer cette semaine mais se sont rendu compte de la possibilité de se qualifier pour le Masters. Ils ont comparé le tableau de Bâle avec celui de de Valence et ont finalement constaté que le tournoi espagnol est plus faible. C'est ce qui les a fait choisir l'Espagne. Murray m'a demandé si on pouvait lui donner une wild card avant de finalement opter pour le tournoi espagnol. Le tableau était trop fort chez nous. Ce n'est pas une question d'argent, mais de points.

On parle beaucoup de la polémique qui existe entre Roger Federer et vous, qu'avez-vous à dire à ce propos?

Je n'évoque plus ce sujet. Il y a autre chose qui compte dans le monde du tennis.

L'élimination précoce de Wawrinka cette année, comme depuis trois ans d'ailleurs, n'arrange pas vos affaire.

C'est dommage qu'il n'ait pas de réussite à Bâle. Je ne sais pas ce qu'il se passe ici. Cette année, j'ai eu l'impression qu'il a perdu le fil après l'interruption de son match. Il était tellement concentré en entrant sur le terrain, tellement bien, que cette panne de lumière l'a gêné. Il n'est ensuite plus revenu dans le match. A son retour sur le court, ce n'était plus le même joueur.

Le tableau de cette édition est très jeune, avec notamment la présence de Coric et Zverev, qui ont été invités. Est-ce une volonté de votre part?

Je trouve que c'est dans notre intérêt. Les joueurs reviennent plus tard. Ce n'est pas simplement pour eux, mais aussi pour nous. Ils sont là et ils aiment le tournoi. Après, ils reviennent tous. Presque tout le monde est venu à 17, 18 ou 19 ans. Becker était là à 16 ans, Agassi à 17 ans, McEncore et Lendel à 18 ans, Borg à 19 ans. C'est plus facile s'ils voient déjà comme on soigne les joueurs. On traite tout le monde de la même manière. Ce n'est pas le tapis rouge pour les deux meilleurs et on se fiche des autres. On essaie de faire le mieux pour tout le monde. C'est pas si difficile, même si c'est du boulot.

En quoi consiste justement cette organisation?

Il faut gérer les plus de 1000 personnes qui sont engagées durant la durée du tournoi. Environ 600 travaillent pour nous, et autant pour les entreprises externes. Mais on aime le travail. Pour moi c'est un privilège. Je viens du sport, j'étais dans l'équipe nationale de handball, j'ai fait de l'athlétisme, j'ai joué au tennis, même si je n'étais pas très fort. J'aime le sport. De pouvoir développer un tournoi comme celui-là, c'est un privilège. Federer aime jouer au tennis, moi j'aime organiser. C'est la différence entre nous. Vous voyez, je parle quand même de lui.

Quant à Jimmy Connors, il n'est lui venu que très tard à Bâle.

Connors, c'est l'exception. Il est venu à Bâle à 40 ans. Je l'ai appelé des dizaines de fois et il me demandait toujours qu'est ce que c'est que ce tournoi. C'était impossible de pouvoir l'engager. Et sa mère, qui était son manager, était très dure. Je l'avais en ligne tous les deux ans. Pour elle Bâle ne signifiait rien. Finalement, il est quand même venu une première fois à 40 ans, avant de revenir deux fois.

Qu'espérez-vous de la rénovation de la halle Saint-Jacques?

Je m'en réjouis, évidemment. C'est d'une grande importance pour le futur du tournoi. Le projet devrait être validé par les autorités dans les semaines à venir. On parle de 110 millions de francs suisses. Il est magnifique, sensationnel. La capacité restera la même pour le tennis, contrairement à d'autres événements. Mais cela n'a pas d'importance. Il y a 40 ans, j'ai eu l'occasion de faire l'inauguration de la salle. J'espère avoir le privilège d'inaugurer la nouvelle, si Dieu le veut.

De quel oeil voyez-vous l'arrivée dun tournoi ATP 250 à Genève?

J'ai toujours soutenu le principe qu'en Suisse, il faut plus de tournois. Ca doit être partagé dans les régions. Il faudrait un tournoi à Zurich, un autre à Bâle, un en Romandie et même peut-être un au Tessin. Cinq tournois répartis entre les messieurs et les dames seraient parfaits car je me sens parfois isolé. La concurrence augmenterait le marché du sponsoring, ce n'est pas uniquement pour concerner les régions. Il faut par contre que les dates soient cohérentes. Si un tournoi indoor est créé la semaine avant ou après Bâle, ce serait gênant. Mais s'il y a un tournoi sur terre battue en juillet à Genève, je trouve que cela serait une promotion pour le tennis. Je soutenais le tournoi aux Eaux-Vives à lépoque (ndlr: dans les années 1980). C'est un endroit magnifique, une belle publicité pour le tennis.

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