«Pékin Express»: «On vérifie chaque soir là où dorment les candidats»
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«Pékin Express»«On vérifie chaque soir là où dorment les candidats»

Le producteur de l'émission de M6 raconte comment un tel programme est mis sur pied, malgré les difficultés logistiques.

par
Mathilde Jarry

Les premières images de l'arrestation.

C'est ce mercredi soir, à 20h50 sur M6, qu'est diffusé l'épisode où les équipes de «Pékin Express» se font arrêter en Inde. L'occasion de découvrir les coulisses de ce programme. Sécurité, pays choisis, logistique: le producteur exécutif de l'émission, Thierry Guillaume, doit avoir le contrôle sur tout.

Que s'est-il passé lors de cette arrestation, en février?

On était dans une zone sensible, un corridor de 20 km entre plusieurs pays. On était encadrés par des militaires, par sécurité. Les autorités étaient au courant de notre venue, ce qui n'a pas empêché un chef local de demander notre interpellation.

Comment choisissez-vous les pays traversés?

On essaie de trouver une ligne directrice. Cette année, on voulait se rendre là où peu de touristes vont. Le point central a été la Birmanie, et ensuite on a trouvé les autres pays autour.

Les Birmans n'ont pas le droit d'héberger des étrangers. Comment avez-vous fait?

Les candidats ont un mot dans la langue du pays qui explique le principe du jeu. On y écrit les règles du jeu, le fait que les candidats ne doivent pas payer pour se faire transporter, que les conducteurs doivent respecter les limites de vitesse etc. Pour la Birmanie, comme à Cuba l'an dernier, on a rajouté qu'on avait l'accord des autorités pour que les locaux logent les candidats. Mais ils ont tout de suite été accueillants.

Les concurrents sont-ils préparés à cette aventure?

Oui. Ils passent déjà une batterie de tests médicaux pour s'assurer qu'ils sont en bonne santé. Puis on leur parle des traditions locales, ce qui se fait ou ne se fait pas. En Birmanie, par exemple, entrer en chaussures dans un monastère n'est pas accepté.

Et pour leur sécurité?

Ils ne doivent avant tout jamais s'éloigner de la voiture de production qui les suit constamment. Puis, tous les candidats ont des téléphones d'urgence. Le soir, on vérifie chaque maison où ils dorment. On s'assure que tout va bien, surtout quand ce sont deux femmes. Les binômes ont tous une procédure à suivre s'ils ont un problème. Ils ont trois numéros de téléphone et, en fonction de l'alerte, on adapte la réponse.

C'est ce qui s'est passé avec Fabien et Tarik l'année dernière à Cuba? (ndlr : ils avaient été pris en otage par leurs hôtes)

Oui. Ils ont donné l'alerte et on était sur place trois minutes plus tard. Mais c'est arrivé une seule fois en dix ans. Il est parfois possible que les candidats nous appellent parce que leurs hôtes ont un peu trop bu, mais c'est tout.

Combien de personnes sont présentes sur le tournage?

Environ une centaine au début du tournage. Chaque duo a un caméraman et un journaliste. Il y a des camions pour le matériel et 17 voitures. C'est un vrai défi logistique! En général, les émissions qui se tournent à l'étranger ont une base fixe, un hôtel où toutes les équipes logent pendant le temps du programme. Dans «Pékin Express», c'est une véritable caravane qui se déplace de 200-250 km par jour.

Comment se déroule la préparation d'une saison?

Mettre sur pied une saison prend environ un an. On écrit une première route hypothétique à Paris. Au même moment, on prend contact avec les autorités du pays. Ensuite on part en repérage avec cinq ou six personnes pour faire toute la route pour voir si c'est réalisable. Il y a plein de choses à calibrer: le nombre de km en auto-stop pour s'assurer que ça rentre dans notre planning. Trouver des hôtels pour les équipes de production. Au retour, on écrit la route définitive. Le tournage prend lui 40 à 45 jours. Ensuite il y a tout le travail de montage.

Après dix éditions, où aimeriez-vous encore aller?

Il y a encore toute une partie de l'Afrique que l'on n'a pas fait. Alors pourquoi pas là-bas. Ou alors l'Amérique centrale. Mais on pourrait aussi imaginer des lignes directrices qui emmèneraient les candidats sur trois continents avec des transferts en avion.

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