Actualisé 23.11.2018 à 09:16

Manifestation écolo

«On veut informer Roger sur les actes de la banque»

Plusieurs collectifs écologistes ont mené jeudi des actions de protestation contre la politique d'investissements de Credit suisse. La police est intervenue.

de
Maria Pineiro/Pauline Rumpf

La pause de midi a été pour le moins animée dans les rues commerçantes de Genève, Lausanne et Bâle. Durant la pause repas, des activistes écologistes, qui militent pour un désinvestissement des énergies fossiles, ont occupé les locaux de Credit suisse.

La manifestation avait pour but de protester contre les investissements de la banque dans des méthodes d'extraction du pétrole non-conventionnelles. Surfant sur le partenariat entre Credit suisse et Roger Federer, les membres du collectif ont joué au tennis dans les bâtiments de la banque.

Nous avons mimé un match de tennis

«Nous avons mimé un match de tennis dans la succursale de la place Bel-Air. Puis les activistes se sont assis sur le rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, ndlr). La police est ensuite arrivée et a sorti les militants un par un, a détaillé Mathilde Genoud, porte-parole de Break Free, qui organisait l'opération à Genève. Durant l'opération, la banque a fermé ses locaux, puis descendu le rideau, avant de le remonter.»

Les forces de l'ordre confirment l'intervention «à 12h46, à la demande de la banque», a souligné Joanna Matta, porte-parole. «Une vingtaine de personnes étaient rassemblées dans le hall. Elles ont été évacuées une par une dans le calme, leur identité a été contrôlée, puis elles se sont dispersées.» L'affaire sera ensuite transmise au Ministère public, car la banque a porté plainte, a indiqué la police genevoise.

Réactions contrastées

A Lausanne, une manifestation coordonnée s'est déroulée de la même façon dans la succursale de Saint-François, avec une trentaine de personnes mimant un match de tennis. Face à leur refus de quitter les lieux, la police a évacué et identifié une quinzaine de militants. Ces derniers n'ont opposé qu'une résistance passive, indique la police de Lausanne.

«On veut informer Federer des investissements de la banque dans les énergies fossiles, et on l'invite à s'en distancier», explique une militante du collectif Lausanne Action Climat (LAC). «On remarque que les manifestations classiques n'ont que trop peu d'impact, alors on utilise la désobéissance non violente pour faire passer le message», ajoute un autre.

«Je ne comprends pas ce que Federer vient faire là dedans, réagit un client de la banque. Je trouve déplacé d'occuper ainsi une banque sans autorisation, et pour quel résultat...» «C'est bien, ils ont raison de manifester, estime un passant. Il faut que la population prenne conscience de tout ça, et ils ne sont pas méchants, ils ne cassent rien... C'est sympa.»

Répression en hausse?

Mathilde Genoud a relevé que, jusqu'à présent, «aucune action du collectif Break Free n'a donné lieu à des amendes ou des condamnations.» Elle estime que la pression des forces de l'ordre allait en augmentant au fur et à mesure des manifestations.

Contacté, Crédit suisse n'a pas souhaité commenter.

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