03.03.2020 à 13:50

Crise des Rohingyas

ONU: «Les efforts birmans sont trop lents»

Plus d'un million de Rohingyas se trouvent toujours au Bangladesh, dont plus de trois quarts avaient fui en 2017 les violences contre la minorité musulmane.

Le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugié Filippo Grandi ce mardi à Genève.

Le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugié Filippo Grandi ce mardi à Genève.

Keystone

Le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Filippo Grandi estime que les efforts birmans pour des conditions adaptées au rapatriement des réfugiés rohingyas depuis le Bangladesh sont «trop lents». Mardi à Genève, le chef de la diplomatie du pays d'accueil a demandé aux Etats membres de «mettre la pression» sur la Birmanie.

Les avancées des autorités birmanes pour des conditions de rapatriement «sûr» et «volontaire» sont «trop lentes» et «ne sont pas encore observées», a déploré devant la presse Filippo Grandi. Plus d'un million de Rohingyas se trouvent toujours au Bangladesh, dont plus de trois quarts avaient fui en 2017 les violences contre la minorité musulmane, considérées par plusieurs responsables onusiens comme un possible génocide.

Un accord avait été conclu entre les autorités birmanes et plusieurs agences onusiennes, dont le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), pour faciliter le retour de ces centaines de milliers de personnes. Devant le Conseil des droits de l'homme il a quelques jours, le gouvernement birman avait relevé que plusieurs centaines avaient annoncé leur souhait de revenir dans ce pays.

Mais en Birmanie, les libertés de mouvement sont toujours restreintes et l'attribution de la citoyenneté pour les Rohingyas n'est toujours pas clarifiée, insiste M. Grandi. Des dispositifs d'éducation et de formation ont été lancés dans les camps de réfugiés au Bangladesh et doivent être également menés côté birman, selon lui.

Sept Rohingyas tués

De son côté, le ministre des Affaires étrangères du Bangladesh Shahriar Alam a dit avoir demandé mardi aux Etats de«mettre la pression» pour faciliter ces rapatriements. «J'attends qu'ils en fassent davantage», a-t-il affirmé. Avec M. Grandi et le directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) Antonio Vitorino, il a aussi lancé mardi un appel pour 877 millions de dollars (plus de 839 millions de francs) pour cette année.

Lundi, la police du Bangladesh avait tué sept Rohingyas suspectés d'être des criminels. Elle affirme que beaucoup parmi les réfugiés ont été impliqués dans des importations de drogue, des vols et d'autres infractions perpétrées autour des camps. Un «défi» selon le ministre qui a dit que les efforts se poursuivraient. La police a tué l'année dernière plusieurs dizaines de Rohingyas dans de «présumées fusillades», dit une ONG. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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