Actualisé 22.06.2015 à 10:45

VaudOnze jours à l'hôtel au nom de l'UDC sans payer la note

Un homme qui travaillait pour la section neuchâteloise a séjourné dans un établissement avec femme et enfant en 2014. Il y a laissé une ardoise de 2840 francs.

de
Abdoulaye Penda Ndiaye

«Excusez-moi de ce langage de charretière, mais je me suis bien fait enc...» L'ex-gérante d'un hôtel situé près d'Yverdon (VD) a encore en travers de la gorge le séjour d'un client. L'homme au bagout d'enfer l'avait persuadée que ses frais de séjour seraient payés par l'UDC du canton de Neuchâtel.

Affaire Yvan Perrin

L'affaire a eu lieu en avril 2014. La section neuchâteloise traversait une tempête médiatique avec les déboires d'Yvan Perrin au Conseil d'Etat. Pour mettre de l'ordre dans sa communication, le parti avait fait appel à ce journaliste de la Riviera vaudoise (voir ci-contre). «Il prétendait que l'UDC lui avait demandé de résider dans un hôtel entre Montreux (VD) et Neuchâtel pour faciliter ses va-et-vient entre son domicile et son travail», explique l'ex-gérante. Le client a débarqué à l'hôtel avec son épouse, leur fille et deux chiens. Il y reçoit des élus politiques. «Une fois, il était à table avec Jean-Charles Legrix, l'élu de La Chaux-de-Fonds», se souvient celle qui a mordu à l'hameçon.

Le réveil fut douloureux. Après un séjour de onze jours en demi-pension, les hôteliers ont transmis une facture de 2849 fr. à l'UDC, qui l'a renvoyée à l'expéditeur. «A aucun moment nous ne lui avons demandé de résider dans votre établissement», se défend la secrétaire du parti.

Legrix: «J'ai mis ce monsieur aux poursuites»

Jean-Charles Legrix enfonce même le clou. «C'est vrai que j'ai mangé avec lui là-bas. J'ai payé ma consommation et la sienne. Cet homme me doit 3500 francs. Je l'ai mis aux poursuites.»

L'intéressé n'a pas répondu à nos sollicitations.

Brève collaboration

Au printemps 2014, l'UDC neuchâteloise annonçait avec enthousiasme l'entrée en fonction de son nouveau secrétaire politique. De sa nouvelle recrue, elle vantait notamment la «solide expérience sur le plan de la stratégie politique». Selon le parti, cette tête pensante avait dirigé la campagne de plusieurs élus fédéraux. Mais, après deux mois et demi de collaboration, c'est la séparation. «Nous avons eu quelques soucis avec lui», signale un dirigeant du parti.

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