«20 minutes» aux États-Unis: Onze personnes arrêtées à Times Square: «Welcome to the shit show!»
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«20 minutes» aux États-UnisOnze personnes
arrêtées à Times Square: «Welcome to the shit show!»

Dimanche après-midi, des manifestants proTrump ont été pris à partie par des opposants au président. Chacun des camps a pu exprimer sa haine de l’autre.

par
Yannick Weber, New York

Il y avait de tout, dimanche après-midi à Times Square. Des manifestants, dont certains du groupe «Jews for Trump», des contremanifestants énervés, des chrétiens qui priaient pour la salvation, un homme déguisé en Abraham Lincoln ayant probablement sombré dans la folie, une femme asiatique muette comme une carpe qui brandissait aux yeux des passants son téléphone sur lequel on pouvait lire que «le Covid n’existe pas», et surtout beaucoup de policiers.

L’arme de la caméra

Au départ, les «Juifs pour Trump» défilaient en cortège motorisé dans les rues de la ville, drapeaux au vent. Arrêtés de force à Times Square par des opposants au président, certains ont poursuivi leur action sur la place publique. Tout n’était ni beau à voir, ni à entendre. «Welcome to the shit show» est une réponse entendue plusieurs fois au moment de se présenter comme journaliste étranger auprès des interlocuteurs. «Voilà ce que l’Amérique est devenue», déplorait une New-Yorkaise en observant l’affrontement.

Hello.

Hello.

Les policiers tentaient habilement d’empêcher la situation de s’envenimer. Plusieurs fois, des départs de mouvements de foule se produisaient quand l’affrontement verbal devenait physique. Les antiTrump, venus exprimer leur haine des défenseurs du président (qui la leur rendaient d’ailleurs bien aussi), étaient prompts à la dégaine du téléphone. À chaque début d’affrontement, tous se ruaient sur la scène, smartphone à la caméra enclenchée brandi pour ne pas rater une miette d’éventuelles violences policières.

Les agents, eux, faisaient bloc et restaient impassibles face aux insultes. Une Afro-Américaine, debout sur une sorte de piédestal, récitait sa litanie antiflics et haranguait les autres manifestants. Après environ une heure de chassé-croisé entre les groupes, les policiers ont fait résonner leur haut-parleur préenregistré. «Dispersez-vous. Si vous quittez les lieux volontairement, aucune charge ne sera retenue contre vous. En cas de refus, vous serez arrêtés pour rassemblement illicite.»

Quand l’amour règne

Le message répété en boucle a eu un succès relatif. Finalement, petit à petit, les supporters du président ont disparu, le calme s’est rétabli et la ville a continué à vivre comme elle le fait habituellement, avec aussi ses quartiers où rien de tout ça n’est visible, où les terrasses se remplissent de groupes d’amis et où chacun continue à vivre en paix. Selon le «New York Times», onze personnes au total ont été arrêtées à Times Square, puis relâchées, sauf un homme qui avait jeté des œufs sur des policiers.

La police protège le vote

Signe des tensions qui ont cours, la police de New York a dit se préparer à répondre à des violences avant l’élection, mais aussi pendant les heures et les jours qui suivront. Des policiers ont par ailleurs été mobilisés pour assurer la sécurité autour des locaux de vote, ouverts depuis samedi, et qui semblent dépassés par une affluence plus forte qu’attendue. Le maire de New York a dit vouloir prendre des mesures immédiates pour garantir l’accès aux locaux, si possible sans passer des heures dans des files d’attente.

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