Égypte: Onze prisonniers de droit commun exécutés à Alexandrie
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ÉgypteOnze prisonniers de droit commun exécutés à Alexandrie

Les détenus ont été mis à mort mardi, à la prison de Borg el-Arab. Des dizaines d’exécutions auraient eu lieu en Égypte, au cours des derniers mois.

La peine de mort instaurée par le gouvernement égyptien est décriée, comme ici lors d’une manifestation en mars 2019, où une protestataire tient un panneau avec l’inscription «Arrêtez les exécutions en Egypte». 

La peine de mort instaurée par le gouvernement égyptien est décriée, comme ici lors d’une manifestation en mars 2019, où une protestataire tient un panneau avec l’inscription «Arrêtez les exécutions en Egypte».

AFP

Les autorités égyptiennes ont exécuté, mardi matin, onze détenus condamnés pour des affaires de droit commun, a-t-on appris de source sécuritaire. Les défenseurs des droits humains dénoncent des dizaines de mises à mort en 2020.

Les nouvelles exécutions ont eu lieu à la prison de Borg el-Arab, près d’Alexandrie (nord), selon la même source. Celle-ci précise que les détenus exécutés avaient «été condamnés pour des meurtres commis au cours des dernières années dans les gouvernorats d’Alexandrie et Beheira (nord)».

Samedi, cinq autres personnes, dont trois femmes, avaient été exécutées à Ismaïlia (nord-est), également pour des affaires de droit commun.

Amnesty dénonce «une horrible frénésie»

Dans les derniers mois de 2020, des dizaines de détenus ont déjà été mis à mort. «Les autorités égyptiennes se sont lancées dans une horrible frénésie d’exécutions, ces derniers mois, mettant une multitude (de prisonniers) à mort», avait estimé, en décembre, Philip Luther, responsable d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

L’organisation dénonçait également des condamnations obtenues après des «confessions» entachées de torture».

De son côté, Human Rights Watch avait indiqué en octobre que 49 exécutions avaient eu lieu en 10 jours ce même mois et avait demandé «l’arrêt immédiat» des mises à mort. L’organisation estime que sous la présidence d’Abdel Fattah al-Sissi, l’Égypte est devenue l’un des dix pays pratiquant le plus les peines capitales.

Répression croissante

La charia, ou loi islamique, est la principale source de la loi égyptienne, selon la Constitution de 2014. Elle légitime l’application de la peine capitale. Les exécutions visent des détenus de droit commun, mais aussi des opposants accusés notamment de faits de terrorisme.

Depuis la destitution par l’armée en Egypte, en 2013, du président islamiste Mohamed Morsi, et l’arrivée au pouvoir, l’année suivante, d’Abdel Fattah al-Sissi, une répression croissante s’est abattue sur toute forme d’opposition, islamiste ou libérale.

(AFP)

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