Frontière franco-suisse: «Opération escargot» prévue vendredi
Actualisé

Frontière franco-suisse«Opération escargot» prévue vendredi

Des frontaliers français prévoient de bloquer le trafic à divers postes de douane vendredi dès 11h30 pour lutter contre la suppression du libre-choix en matière d'assurance maladie.

«Toute la frontière franco-suisse peut être concernée par cette action», a indiqué jeudi à l'ats l'adjudant d'état-major Attila Lardori, porte-parole de l'Administration fédérale des douanes (AFD). Il confirmait une information publiée sur le site Arcinfo.

L'AFD observera le développement des événements et prendra des mesures en fonction de l'évolution de la situation. Le haut gradé n'a pas donné davantage d'informations quant à l'identité des manifestants «pour des raisons tactiques».

La police neuchâteloise, qui évoque quant à elle des travailleurs frontaliers, prévoit de mobiliser une patrouille en cas de problème. Du côté de Genève, la police ne disposait d'aucune information sur le sujet.

Critiqué par des associations de frontaliers

Plusieurs groupements de travailleurs frontaliers ont cependant tenus à se dissocier de cette manifestation. C'est le cas notamment du collectif «Frontalier ou bien?» qui prévoit deux manifestations dans le courant du mois d'octobre. «Ces gens, dont nous ignorons l'identité, pénalisent l'ensemble des usagers de la route. Ils nous font beaucoup de tort en nous associant à leur mouvement», a indiqué une porte-parole de l'organisation.

Même son de cloche du côté du Groupement transfrontalier européen (GTE), l'une des plus importantes associations de travailleurs frontaliers. «Nous pensons que l'opération sera peu visible de Paris», peut-on lire sur son site Internet.

Ces organisations sont toutes deux opposées à la récente décision du gouvernement français de faire cotiser les frontaliers résidant en France et travaillant en Suisse à l'assurance-maladie française et d'abandonner leur assurance privée.

Quelque 169'000 frontaliers

Cette mesure, qui concerne quelque 169'000 personnes dont une minorité de Suisses, doit rapporter à terme quelque 150 millions d'euros (183 millions de francs) à la Sécurité sociale française.

Ces travailleurs avaient jusqu'à présent le choix entre le système suisse (LAMal), l'assurance-maladie française (la CMU, couverture maladie universelle) ou une assurance privée. Paris a décidé de ne pas prolonger ce dispositif dérogatoire, qui doit prendre fin le 1er juin 2014.

Aujourd'hui, seuls quelque 7000 frontaliers sont assurés en Suisse. Parmi les autres, 9000 cotisent à la CMU tandis que 153'000 cotisent à une assurance privée, souvent moins onéreuse. (ats)

Ton opinion