Orages en France: une fillette tuée par un arbre
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Orages en France: une fillette tuée par un arbre

Une fillette âgée de 12 ans a été tuée et une autre du même âge a été grièvement blessée par la chute d'un arbre dans un camp d'été à Méry-ès-Bois au nord de Bourges.

Certains s'interrogeaient sur le fait de savoir pourquoi les enfants n'ont pas été mis à l'abri malgré l'alerte météo, et deux enquêtes, l'une judiciaire et l'autre administrative, ont été ouvertes.

Peu après 4h du matin, «un violent coup de vent a entraîné la chute d'un arbre de 22 mètres de haut qui s'est déraciné. Il est tombé sur deux tentes qui étaient sur le campement», a expliqué Christophe Sergent, le capitaine de la compagnie de gendarmerie de Vierzon, précisant que les deux victimes dormaient dans la même tente.

Une des fillettes a été tuée sur le coup. Sa camarade a été conduite dans le coma à l'hôpital de Bourges avant d'être emmenée par hélicoptère vers l'hôpital pour enfants Clocheville de Tours. «Son pronostic vital est engagé», selon le secrétaire général de la préfecture du Cher Mathieu Bourette.

Les deux victimes, originaires du Loiret, étaient en vacances dans un groupe de 35 enfants dans un camp appartenant au diocèse de Bourges et dirigé par des religieuses au lieu-dit «Les Patineaux»

Les autres jeunes enfants ainsi que les sept animateurs, en état de choc, ont été conduits par les pompiers dans la salle des fêtes de Méry-ès-Bois où une cellule d'aide psychologique a été mise en place. «Certains n'arrivaient pas encore à réaliser. Il leur faudra plusieurs jours pour le faire», a estimé Jean-Raoul Chaix, psychiatre à l'hôpital de Bourges et responsable de la cellule.

M. Bourette a affirmé que «les responsables du centre avaient été informés» de l'alerte orange aux orages émise par Météo-France et a annoncé l'ouverture de deux enquêtes pour déterminer pourquoi les enfants sont malgré tout restés sur place: une, judiciaire, par le parquet de Bourges et l'autre, administrative, par la direction départementale de la Jeunesse et des Sports.

Le substitut du procureur de la République de Bourges, qui s'est rendu sur place dans la journée, a indiqué qu'une évacuation semblait avoir été en cours lorsque l'accident s'est produit. «Il semble que le directeur était en train de faire évacuer les enfants vers un abri en dur quand il est tombé sur la tente où se trouvaient cinq adolescentes», a indiqué Olivier Bataillé, précisant qu'une enquête préliminaire était ouverte et que des auditions étaient en cours.

Pour Jean-Jacques Durand, trésorier de l'association qui organise les centres de vacances depuis 30 ans, l'équipe d'encadrement n'a pas commis de faute. «Les solutions de repli étaient envisagées. Le temps que les moniteurs disent aux enfants de rentrer, l'arbre est tombé», a-t-il déclaré.

Le maire de la commune Michel Désir a de son côté pointé la responsabilité des organisateurs: «Lorsqu'ils ont été prévenus qu'il y aurait des orages dans la nuit, ils ont rangé leur matériel pour éviter qu'il soit pris par la tempête et par contre ils ne se sont pas occupés» des enfants alors même que des bâtiments en dur à côté du camping auraient pu les accueillir, selon lui.

Dans le Cher, Météo-France a relevé dans la nuit cinq heures de violentes rafales de vent jusqu'à 132km/h dans le nord du département et 118km/h à Bourges. Jeudi après-midi, Météo-France a modifié son bulletin d'alerte «orange» (niveau trois sur quatre) aux orages, qui concerne désormais 14 départements de l'Est de la France jusqu'à vendredi 0h. AP

xpan2/mgh/mw (ap)

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