Actualisé 21.05.2012 à 10:45

Vente de données illiciteOrange et Sunrise ont pris des sanctions

Les deux opérateurs ont licencié ou suspendu leurs employés inculpés pour avoir vendu des données à une agence de détectives privés.

Les opérateurs suisses de télécommunication ont pris des sanctions contre leurs employés inculpés pour avoir violé le secret des postes et des télécommunications. Celui d'Orange a été licencié et celui de Sunrise suspendu de ses fonctions.

L'employé d'Orange Suisse a été licencié vendredi dernier avec effet immédiat. «L'homme a admis les faits», a indiqué lundi à l'ats Therese Wenger, porte-parole de la société. L'opérateur, qui confirme avoir été contacté par les autorités, évalue actuellement les procédures qui vont suivre.

Concernant les contrôles pour garantir la protection des données, Orange a ouvert une enquête interne pour réviser les processus, a-t-elle précisé. Mme Wenger n'a pas souhaité donner de plus amples informations sur ce cas compte tenu de l'enquête pénale en cours.

Chez Sunrise, la personne impliquée a été suspendue de ses fonctions dans l'attente des résultats de l'enquête, a indiqué Roger Schaller, chargé de l'information. Comme Orange, l'opérateur attend également d'en savoir plus pour décider du dépôt d'une plainte. «Pour l'heure, une telle initiative est prématurée», a-t-il ajouté.

Swisscom n'entend pas préciser le sort réservé à son employé présumé indélicat. Il donnera de plus amples informations une fois que le résultat de la procédure menée par le procureur genevois Yves Bertossa sera connu.

Vols de données bancaires

Pour le préposé fédéral à la protection des données, Hanspeter Thür, ce cas ressemble à d'autres dans le secteur bancaire. C'est la même motivation qui pousse les employés à exploiter des données pour en tirer une fortune, estime-t-il.

A première vue, on a l'impression que les contrôles internes ne sont pas suffisants, mais il faut attendre le résultat de l'enquête pénale pour en être sûr. «Cet exemple prouve en tout cas qu'il faut donner davantage de moyens aux organes de surveillance en vue d'une meilleure surveillance», a-t-il dit à l'ats. En l'état, il est trop tôt pour dire si la loi sur la protection des données n'est plus suffisante.

A sa connaissance, c'est la première fois que la justice suisse ouvre une procédure pénale dans le secteur des télécoms pour la vente à des tiers d'informations couvertes par le secret.

(ats)

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