Télécommunications: Orange et Sunrise renoncent à fusionner
Actualisé

TélécommunicationsOrange et Sunrise renoncent à fusionner

Les opérateurs téléphoniques Orange et Sunrise ont renoncé définitivement à fusionner après le veto mis par la Commission de la concurrence (Comco).

Les maisons mères respectives d'Orange et de Sunrise, France Télécom et TDC, ont indiqué jeudi avoir décidé d'abandonner tout projet de fusion après avoir analysé toutes les options.

Leurs recours auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF) contre la décision de la Commission de la concurrence (Comco) du 22 avril sont donc aussi retirés. Il s'agissait d'une démarche purement formelle, avaient-elles alors expliqué, qui permettait aux maisons mères, France Télécom et le groupe danois TDC, de garder ouvertes toutes les options possibles.

«Très déçus»

«Nous sommes naturellement très déçus de ne pouvoir réaliser la fusion envisagée avec Sunrise. Une opportunité de redéfinir le marché suisse et d'offrir aux consommateurs les avantages d'une concurrence efficace et réelle vient d'être perdue», a déclaré Olaf Swantee, directeur exécutif Europe de France Télécom, cité dans un communiqué.

Le groupe français, maison mère d'Orange, n'a aucune intention de faire pâtir ses clients de cette situation, précise-t-il. Il souhaite concentrer toutes ses forces et continuer à investir afin de devenir l'opérateur préféré des Suisses.

«Nous avons présenté un projet de fusion raisonnable, qui aurait offert des avantages aux consommateurs suisses et renforcé la concurrence. Mais la Comco a décidé que cela ne suffisait pas», a pour sa part dit Henrik Poulsen, le patron de TDC.

Améliorations insuffisantes

«Nous avons proposé quelques améliorations, mais quand le gendarme de la concurrence a vu le paquet global, il a opté pour une interdiction.» Ce qui a conduit à cette décision, il faut le demander à la Comco, a-t-il ajouté, précisant que Sunrise va continuer à développer ses activités en Suisse.

Le président de la Comco Walter Stoffel s'est dit soulagé que les deux opérateurs renoncent à s'opposer à la décision: «L'incertitude sur le marché était paralysante pour les clients et les collaborateurs des deux entreprises».

Marc Furrer, le président de la Commission fédérale de la communication (ComCom), soutiendrait, comme alternative à une fusion Sunrise-Orange, l'idée que les opérateurs collaborent en matière de réseau. «Ce serait judicieux, ne serait-ce qu'au niveau des coûts», a-t-il indiqué à l'ATS. Un avis partagé par Walter Stoffel, président de la Comco.

«Nous acceptons la concurrence», a dit Olaf Schulze, porte-parole de Swisscom, le leader de la branche. L'opérateur ne souhaite pas commenter les conséquences sur le marché et ne prend normalement pas position sur les décisions de ses concurrents, précise-t-il.

Problème du duopole

Dans son verdict, la Comco avait fait valoir que le duopole constitué par Orange-Sunrise d'une part et Swisscom de l'autre aurait empêché toute concurrence effective. La nouvelle entité aurait détenu environ 40% du marché, et Swisscom 60%.

La Comco a en substance estimé qu'il aurait été plus avantageux pour ces deux opérateurs de maintenir un niveau de prix élevé que de s'attaquer chacun à son concurrent dans le but de lui prendre des parts de marché avec des offres plus avantageuses.

Consommateurs satisfaits

La Fédération romande des consommateurs (FRC) se réjouit qu'il n'y ait pas de fusion entre Orange et Sunrise. Mais le problème de la position dominante de Swisscom demeure entier, relève son secrétaire général Mathieu Fleury.

«Notre travail pour améliorer les conditions actuelles du marché continue. On demande que la ComCom puisse vérifier d'elle-même les tarifs avant qu'ils ne soient pratiqués sur le marché.» L'entrée de nouveaux acteurs sur le marché doit aussi être facilitée, renchérit la Fondation alémanique des consommateurs (SKS), qui demande une révision en ce sens de la loi sur les télécommunications.

Pour mémoire, Sunrise est le deuxième opérateur de télécommunications en Suisse, avec 2,9 millions de clients qui utilisent ses services. Orange, troisième opérateur du pays, dessert 1,5 million de clients. (ap)

Ton opinion