Ordonnance sur la radio et la télévision: projet controversé
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Ordonnance sur la radio et la télévision: projet controversé

L'ordonnance sur la radio et la télévision (ORTV) a été la cible de nombreuses critiques lors de sa procédure de consultation.

La publicité et le sponsoring représentent les principaux points d'achoppement.

De manière générale, ce texte est considéré comme trop détaillé. L'idée d'accorder plus de liberté aux diffuseurs privés avait déjà été abandonnée dans la loi sur la radio et la télévision (LRTV), indique Economiesuisse. Or la tendance de l'Etat d'intervenir dans les moindres détails s'est encore amplifiée dans l'ordonnance, selon l'organisation faîtière.

La régulation de la réclame sur la bière sans alcool pose problème. Pour les diffuseurs suprarégionaux soumis à une interdiction de publicité pour de l'alcool, l'ordonnance prévoit que «la publicité pour la bière sans alcool ne doit entraîner aucun effet publicitaire pour des boissons alcoolisées».

De nombreuses organisations demandent tout simplement la suppression de cet article. Comme le dit la Société suisse des brasseurs, l'expérience a démontré que les consommateurs de bières alcoolisées buvaient également de la bière sans-alcool. Celle-ci s'insère donc positivement dans une politique de santé publique.

L'institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA) dénonce ce type d'argument. L'ISPA souhaiterait «une interdiction de la publicité pour une bière sans alcool de même marque et de même présentation qu'une bière avec alcool».

Asymétrie critiquée

L'asymétrie concernant la réglemention de la publicité entre SRG SSR idée suisse et les médias privés est également critiquée. En effet, l'ordonnance permet par exemple à une télévision régionale de couper un film de 90 minutes par de la réclame alors que la Télévision suisse romande ne le peut pas.

D'après la SSR, ce projet va trop loin. L'entreprise «rejette tout nouvelle restriction de son champ d'action, déjà limité, dans le secteur de la publicité et du parrainage».

La Fédération romande de publicité et de communication (FRP) va dans le même sens. «Cette restriction imposée à la SSR est de nature à affaiblir l'offre publicitaire nationale au détriment des opérateurs et des publicitaires étrangers», indique-t-elle dans sa prise de position.

En ce qui concerne la publicité sur écran partagé, Publisuisse estime que la SSR, qui ne peut y recourir, ne devrait pas être désavantagée par rapport aux médias privés. L'organisation faîtière des professionnels de la publicité et de la communication pense aussi que de trop grandes restrictions sont défavorables à l'économie suisse.

Asymétrie défendue

A l'inverse, Presse Suisse salue «les restrictions relativement étroites qui limitent les activités commerciales de la SSR». Celles- ci sont nécessaires afin de contrer les pratiques faussant le jeu de la concurrence en raison de la domination d'une SSR largement financée par la redevance, argumente Presse Suisse.

Les radios et télévisions privées, l'Association des télévisions régionales suisses (Telesuisse) et l'Association suisse des radios privées (ASRP) sont également satisfaites de cette réglementation asymétrique. Maintenant, il est «important que cette ordonnance entre en vigueur comme prévu le 1er avril 2007». (ats)

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