Peseux (NE): Oreilles tirées et punitions infligées aux tout-petits
Actualisé

Peseux (NE)Oreilles tirées et punitions infligées aux tout-petits

La directrice d'une crèche a été suspendue hier. Elle aurait couvert des cas de maltraitance. La justice a ouvert une procédure.

par
Joël Espi

<b>Les explications de Christian Fellrath, chef du SPAJ</b>

«Ces faits sont inadmissibles!» Christian Fellrath, chef du Service de protection de l'adulte et de la jeunesse (SPAJ), a ainsi commenté les accusations de mauvais traitements commis dans une crèche privée. Quatre inspecteurs ont interpellé la directrice hier, à l'extérieur de la garderie. La femme et une de ses employées ont été suspendues. Elles avaient été dénoncées par des collègues, début mars.

Christian Fellrath a parlé de «violence douce», répétée probablement durant plusieurs mois. Des oreilles tirées, des punitions humiliantes ou des gestes brusques à l'égard d'enfants âgés de 2 mois à 4 ans. Aucun n'aurait été frappé. Mère de deux enfants, Françoise* affirme être au courant de ce type d'actes

depuis au moins deux ans. Elle a retiré ses fils de l'établissement en 2009.

Pour elle, c'est l'employée suspendue qui semait la terreur dans la crèche, à cause de ses méthodes radicales et de son ton «militaire». «Elle n'aime tout simplement pas les enfants», estime-t-elle. Françoise affirme également avoir avisé le SPAJ il y a une année, sans obtenir de réponse. «Si des plaintes ont été déposées avant, nous en tiendrons compte lors de notre enquête», répond Christian Fellrath.

Les autres employés seraient­ sous pression, certains d'entre eux auraient fait des burn-out. Le SPAJ confirme que plusieurs travailleurs sont en arrêt maladie, et que la crèche manque désormais de personnel formé. Christian Fellrath a promis que de nouveaux éducateurs seraient engagés. La directrice, elle, risque de se voir retirer l'établissement, qui lui appartient.

* Nom connu de la rédaction.

Les explications de Pascal Luthi, porte-parole de la police neuchâteloise

Ton opinion