Actualisé 12.04.2017 à 15:20

ZurichOrganisateur de concerts escroc condamné en appel

Le patron de l'agence Free&Virgin, qui a fait venir en Suisse des stars internationales, a été condamné vendredi en 2e instance pour escroquerie, mauvaise gestion et gestion déloyale.

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ofu/ats
L'accusé devra rembourser 500'000 francs à la société de perception des droits d'auteur Suisa.

L'accusé devra rembourser 500'000 francs à la société de perception des droits d'auteur Suisa.

Keystone

Un sexagénaire bien connu dans le monde des concerts et de l'événementiel a vu sa peine confirmée vendredi passé. En tant qu'ex-manager du groupe de hard rock soleurois Krokus et ancien patron de l'agence Free&Virgin, il est déjà parvenu à faire venir des stars internationales telles que Metallica, Aerosmith et Lenny Kravitz en Suisse.

Dans son jugement rendu public mardi, le Tribunal cantonal de Zurich explique qu'une mauvaise gestion ainsi qu'une gestion déloyale ont forcé l'accusé à déposer le bilan le 3 octobre 2011. Concrètement, la justice l'a condamné pour des transactions financières réalisées peu avant la faillite et pour avoir trafiqué les bénéfices réalisés avec la vente de billets de concert. L'accusé a écopé de 20 mois de prison avec sursis, assortis d'une période probatoire de 3 ans. Les juges du Tribunal cantonal ont ainsi confirmé la peine prononcée en première instance par le Tribunal de district de Zurich.

Seuls 10'000 billets vendus sur 30'000

Selon la justice, la 2e édition du festival Sonisphere, organisée en 2011, a grandement contribué à la faillite de son entreprise. Lors de la prélocation, seuls 10'000 des 30'000 billets avaient été vendus. Le prévenu avait alors prélevé un quart de million de francs sur les comptes de deux sociétés appartenant à Free&Virgin avant de remettre cette somme sous forme de prêt à une troisième entreprise, qui était chargée d'organiser Sonisphere.

Le Ministère public a estimé vendredi que ce crédit de 250'000 francs a anéanti les deux sociétés, qui étaient déjà fortement fragilisées. Il a par ailleurs souligné qu'il était évident que le festival n'était pas rentable. L'accusé savait donc qu'il n'aurait jamais pu rembourser les deux firmes de Free&Virgin.

Recettes minimisées

Interrogé à son tour, l'ex-manager de Krokus a avoué que la prévente n'avait pas rempli les attentes. Il a néanmoins affirmé avoir fait tout son possible pour que le festival soit un succès: «Nous avons réduit les coûts et nous avons changé d'emplacement. J'avais l'impression que ça allait jouer.» Son avocat a par ailleurs ajouté qu'il était impossible d'organiser un concert sans prendre certains risques. Pour finir, il a expliqué qu'annuler Sonisphere aurait été nuisible pour la réputation de l'agence Free&Virgin, ce qui aurait également mené à sa faillite.

L'audience a révélé dans un deuxième temps que l'accusé de 67 ans s'était fait de l'argent sur le dos de la société de perception des droits d'auteur Suisa. Celle-ci perçoit une partie des recettes de chaque concert organisé en Suisse, puis redistribue l'argent aux compositeurs, paroliers et éditeurs de musique. Les artistes reçoivent seulement de l'argent s'ils sont compositeurs ou paroliers. L'accusé a minimisé les recettes perçues lors de plusieurs dizaines de concerts, privant ainsi la Suisa de près d'un demi-million de francs.

Jugement pas entré en force

Le patron de Free&Virgin a finalement été reconnu coupable d'escroquerie, mauvaise gestion et gestion déloyale. Il devra aussi rembourser les 500'000 francs à la Suisa. Le jugement n'est pas encore entré en force.

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