Bonus pour banquiers: Oswald Grübel défend le Credit Suisse

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Bonus pour banquiersOswald Grübel défend le Credit Suisse

Oswald Grübel défend le généreux programme de bonus de Credit Suisse à long terme lancé en 2005 pour ses managers.

«C'est la récompense pour ceux qui ont fait de Credit Suisse ce qu'il est», estime l'ancien patron de cette banque, passé depuis à la tête d'UBS.

Ce programme de rémunération avait été introduit sous l'égide d'Oswald Grübel, alors directeur général de Credit Suisse. Ses résultats ont été rendus publics cette semaine: les cadres vont toucher un peu plus de 3 milliards de francs au titre de l'exercice 2004.

Le programme avait démarré lors d'une période houleuse pour la banque, alors qu'elle cherchait à fidéliser quelque 400 cadres. Il devait en outre être une incitation à obtenir de bons résultats sur le long terme, «exactement ce qu'on demande aujourd'hui de tous les côtés», souligne M. Grübel dans un entretien à l'hebdomadaire alémanique «Sonntag».

Autoflagellation

«Il y a quelques mois, Credit Suisse était encore encensée comme 'la meilleur banque du monde', et maintenant on retombe dans l'autoflagellation». Dans la situation actuelle, le «succès fait souvent l'objet d'appréciations très différentes».

Cependant, dans le même journal, le directeur de la Finma (Autorité de surveillance des marchés financiers), Patrick Raaflaub, évalue ces bonus de manière plus critique. Ils ont «un fort effet de levier», mais le problème est qu'il «n'agit pas vers le bas». Ce ne sont pas les managers qui ont acheté les actions et ce n'est pas leur argent qu'ils perdent en cas de baisse des cours.

Le programme de bonus a été mis en place alors que le cours des actions de Credit Suisse était très bas, souligne M. Raaflaub. Il a très fortement grimpé, ce qui explique les sommes en jeu.

Brady Dougan

Credit Suisse a publié mercredi le montant des bonus résultant de son programme de rémunération dont profiteront quelque 400 dirigeants de la banque. L'un d'eux n'est autre que Brady Dougan, actuel patron du groupe et à l'époque directeur de la banque d'investissements. L'Américain empochera 1,3 million d'actions. Au cours actuel, ces titres valent 70,9 millions de francs.

UBS est également critiquée pour ses bonus. Car, bien que la grande banque ait enregistré une perte de 2,74 milliards de francs en 2009, elle versera quelques 3 milliards de francs de récompenses diverses.

Selon M. Raaflaub, une progression de «misérable» à «juste suffisant» peut certes justifier un bonus. Toutefois, le critère déterminant devrait être de savoir «si la banque peut se le permettre». (ats)

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