Actualisé 15.05.2011 à 15:15

Votations cantonales VD

Oui à des prestations complémentaires

Avec une participation de 38 %, les votants vaudois ont dit oui dimanche à 61 % à des prestations complémentaires cantonales pour les familles avec enfants et faibles revenus. Ils ont en revanche refusé à 51 % l'initiative sur un salaire minimum.

Les Vaudois ont infligé dimanche un échec cinglant à la droite et aux milieux économiques: les citoyens ont nettement accepté le coup de pouce supplémentaire aux familles de travailleurs pauvres. Il s'en est fallu de peu que l'initiative pour un «smic cantonal» soit aussi adoptée.

Les votants ont repoussé par 61,13% des voix le référendum lancé par les partis de droite et les milieux patronaux contre les prestations complémentaires pour familles (PC familles) et la rente- pont pour les chômeurs âgés. La participation a atteint 38,25%.

L'initiative pour un salaire minimum lancée par les syndicats et l'extrême-gauche a échoué pour moins de 3500 voix, remportant 51,11% de non. Le texte pour l'instauration de rémunérations planchers selon les branches a bénéficié d'un effet d'entraînement avec les PC familles. La question pourrait revenir sur la table avec l'initiative fédérale lancée en janvier.

Victoire personnelle

Le oui aux PC familles constitue une victoire personnelle pour le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard. Le chef du Département de l'action sociale s'est beaucoup investi dans une campagne particulièrement acharnée, où accusations de mensonges et de déprédations d'affiches ont fusé.

Le ministre socialiste a en particulier multiplié les rencontres dans les communes, expliquant que les PC familles permettraient de contenir l'explosion de la facture sociale, payée pour moitié par les collectivités locales. Il semble avoir été entendu.

«Combat de principe»

La droite avait fait de cette question un combat de principe contre l'élargissement du filet social. Dénonçant un «impôt sur le travail», les référendaires contestaient le principe d'une cotisation paritaire de 0,06% sur les salaires pour financer un tiers du projet, le reste étant à la charge des communes et du canton.

Les partisans soulignaient de leur côté que cette cotisation correspond à 3,40 francs pour un salaire de 5000 francs, l'équivalent d'un café par mois.

Cinq fois moins cher

Le coût par famille devrait être cinq fois moins grand aux PC familles qu'au revenu d'insertion. Ce système améliorera la situation des personnes qui travaillent, même à temps très partiel, par rapport à celles qui dépendent entièrement de l'aide sociale. 6000 familles recevront en moyenne 700 francs, 900 d'entre elles pourront ainsi sortir de l'aide sociale.

Quant à la rente-pont, elle permettra à quelque 300 chômeurs en fin de droit proches de la retraite d'éviter de recourir à l'aide sociale. PC familles et rente-pont coûteront respectivement 51,5 millions de francs et 12,6 millions, mais la facture de l'aide sociale diminuera de 48,1 millions.

Fédérales et cantonales en vue

Les partis de gauche voient dans cette victoire un bon présage pour les scrutins fédéraux et cantonaux de ces prochains mois. A droite, les responsables relativisaient la portée de ce scrutin. «Le PLR et l'UDC étaient divisés sur les PC familles», a relevé Christelle Luisier, présidente du PLR-les radicaux. «Or, pour gagner, la droite doit être unie». (ap)

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