Lausanne (VD): Oui à la recapitalisation de «La Télé»

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Lausanne (VD)Oui à la recapitalisation de «La Télé»

«La Télé» va pouvoir compter sur un coup de pouce de la Ville de Lausanne (VD).

Présentation du journal de La Télé.

Présentation du journal de La Télé.

Le Conseil communal de Lausanne a accepté mardi soir d'octroyer un crédit de 550'000 francs pour recapitaliser «La Télé». Ce feu vert n'a pas empêché les élus du législatif d'émettre de nombreux doutes quant à la gestion et au futur de la chaîne valdo-fribourgeoise.

Le renflouement a été approuvé par 70 oui, dix non et trois abstentions. Demandée par la commission en charge du dossier, une nouvelle clause stipulant que la Municipalité rende un rapport sur la situation de «La Télé» début janvier a été plébiscitée par 78 oui, deux non et deux abstentions.

Poursuivre l'expérience

Le PS et une partie du PLR et de l'UDC ont encouragé à voter cette recapitalisation, malgré le trou dans les comptes et le fait que le Conseil communal n'ait pas reçu toutes les informations qu'il souhaitait sur les causes de ces erreurs comptables. «A l'avenir, nous voulons être informés et décider en connaissance de cause, a déclaré le PLR Mathieu Blanc.

«La Télé vit une période de turbulences. Il faut permettre à cette expérience géniale de se poursuivre. Nous avons besoin de plusieurs services publics qui se font concurrence», a notamment déclaré Benoît Gaillard (PS).

En mains privées

La Gauche a prôné un non ferme. Cette télévision publique qui a prétendu concurrencer la TSR, aujourd'hui détenue par un patron fribourgeois, a connu des pertes dès 2011, a déclaré Janine Resplendino. Le risque est grand que cette situation se reproduise.

Selon son camarade Alain Hubler, les chaînes doivent être en mains majoritairement privées selon la loi. Le pouvoir public fait ici office de vache à lait.

Le PLR Guy Gaudard a abondé dans ce sens : est-ce aux Lausannois de faire les frais de cette recapitalisation par leurs impôts?» Il vaut mieux privatiser. Nous pourrons enlever ce caillou de notre chaussure», s'est-il exclamé.

Le conseiller communal s'est dit incrédule face à la situation financière du média:«Je n'investirai pas un franc dans cette société», a-t-il relevé. Pour l'UDC Fabrice Moscheni, le rendement de 3 à 5% visé pour «La Télé» n'est pas non plus crédible.

Fouillis transitoire

Le syndic Daniel Brélaz a tenté de rassurer. «Oui, il y a eu une erreur comptable inadmissible de 400'000 francs» a-t-il admis. «Le comptable a démissionné immédiatement».

«On peut lui trouver des excuses. Il y avait un tel fouillis transitoire pour reporter des opérations d'une année à l'autre. Il ne s'est pas rendu compte qu'il avait comptabilisé deux fois la même recette». De plus, les recettes se sont révélées de 200'000 francs plus basses que prévu.

En mai, le Conseil d'administration a décidé de liquider tous les transitoires. La perte est alors passé de 600'000 francs à 1,5 million, a rappelé M. Brélaz.

Redressement

Depuis 2007, plusieurs problèmes se sont cumulés, auxquels s'est ajoutée «une certaine folie des grandeurs du directeur de La Télé». Sur toute cette période, la Ville aura perdu 800'000 francs, soit la même somme que celle investie dans TVRL en une année.

Aujourd'hui, la situation se redresse; un suivi comptable est effectué tous les trois mois et l'équilibre financier devrait être atteint en 2015, a assuré le syndic. Un acteur vaudois, le Centre patronal, serait prêt d'ici une année à examiner une participation supplémentaire de 450'000 francs à condition que la gestion resserrée ait fait ses preuves.

Déjà une recapitalisation

Après ce vote, la participation de la Ville dans le média régional atteint 26,6%, 53,7% au total pour le canton de Vaud. Fribourg détient 46,3%, dont 41,2% pour l'avocat fribourgeois Damien Piller à travers Radio Fribourg.

Une première recapitalisation avait été effectuée fin mai par les actionnaires à hauteur de 1,325 million, suite à la perte en 2013 de près de 1,5 million. Ce trou avait entraîné le départ du directeur de la chaîne Christophe Rasch. (ats)

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