Proche-Orient: Oui au renforcement du caractère juif d'Israël
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Proche-OrientOui au renforcement du caractère juif d'Israël

Le gouvernement israélien a voté dimanche en faveur d'un projet de loi controversé visant à renforcer le caractère religieux de l'Etat d'Israël.

Quatorze ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahu ont voté pour le projet de loi contesté.

Quatorze ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahu ont voté pour le projet de loi contesté.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu a approuvé dimanche un projet de loi instaurant le statut légal d'Israël comme l'Etat-nation du peuple juif. Une initiative qui selon ses adversaires affaiblit les fondements démocratiques du pays et les droits de sa minorité arabe.

Les partisans de cette mesure, y compris le Premier ministre Netanyahu, ont promis que le projet de loi garantirait une égalité complète entre tous les citoyens israéliens.

La rédaction finale n'est pas encore achevée. Le conseiller juridique du gouvernement, le procureur général Yehouda Weinstein, l'a toutefois d'ores et déjà critiqué, estimant qu'il affaiblissait le caractère démocratique d'Israël.

Soutenu par la droite et l'extrême-droite

Cette initiative était soutenue par les ministres de la droite et de l'extrême-droite face à leurs collègues du centre. Par 15 voix contre sept, le gouvernement a approuvé trois versions du projet de loi qui pourraient être fusionnées ultérieurement.

Le texte sera déposé mercredi sur le bureau du parlement pour une ratification préliminaire. Selon les experts, il devrait être amendé et édulcoré à la Knesset.

Projet «raciste»

Avec ce texte, l'Etat hébreu veut entériner une «inscription du racisme, déjà présent dans la rue, dans la loi et au coeur du système politique», a accusé Majd Kayyal, du Centre juridique de défense des droits de la minorité arabe Adalah. «La démocratie garantit que tous les citoyens ont les mêmes droits et sont égaux face à l'Etat. Mais cette modification raciste introduit une distinction sur la base de la religion».

Les députés et les ministres du centre et de la gauche, menés par les ministres de la Justice Tzipi Livni et des Finances Yair Lapid, ont vivement critiqué ce projet, de même que les Arabes israéliens qui représentent plus de 20% de la population. L'une des moutures du texte fait notamment de l'hébreu la seule langue officielle d'Israël et réduit l'arabe à un «statut particulier».

Les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948, se disent déjà traités en «citoyens de seconde zone» par l'Etat hébreu et vus comme des «ennemis de l'intérieur» dans le contexte de tensions actuelles.

Les Palestiniens ont eux rejeté la demande de Benjamin Netanyahu de reconnaître Israël comme un Etat juif. Pour eux, cela empêcherait les réfugiés palestiniens d'exiger un retour sur les territoires qu'ils ont été contraints de quitter en raison de conflits armés.

Seuls les juifs ont droit à l'auto-détermination

Benjamin Netanyahu a proposé sa propre version du texte, établissant 14 principes qui affirment que «l'Etat d'Israël est démocratique et fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix conformes aux conceptions des prophètes d'Israël».

Le projet du chef de gouvernement, qui a été diffusé dans la presse, promet de «garantir les droits individuels de tous les citoyens d'Israël». Mais il ajoute que seuls les juifs ont un droit à l'auto-détermination dans l'Etat d'Israël.

«Un drapeau, un hymne, le droit pour tous les juifs d'immigrer dans le pays et d'autres symboles nationaux. Cela est garanti seulement pour notre peuple, dans son seul et unique Etat», a commenté M. Netanyahu après le conseil des ministres.

En vue des élections

Au-delà de sa lettre, ce texte s'inscrit dans la ligne du durcissement du discours du Premier ministre en prévision de possibles élections anticipées en 2015, selon des experts. Il donne ainsi, pour eux, un gage aux personnalités les plus à droite de sa coalition, au bord de l'explosion. (ats)

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