Pédophile jugé à Zurich: «Oui, j'ai donné des somnifères aux enfants»
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Pédophile jugé à Zurich«Oui, j'ai donné des somnifères aux enfants»

L'une des pires affaires de pédophilie est jugée en appel ce vendredi au Tribunal cantonal de Zurich. Un homme aurait abusé de huit garçons, certains pendant des années.

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taw/jbm
Le prévenu a abusé sexuellement d'enfants âgés entre 5 et 15 ans.

Le prévenu a abusé sexuellement d'enfants âgés entre 5 et 15 ans.

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C'est l'un des pires cas de pédophilie que le canton de Zurich ait connu. Entre 1994 et 2014, Roland W.*, 53 ans, aurait contraint une dizaine de garçons âgés entre 5 et 15 ans, abusant de certains d'entre eux pendant plusieurs années. En mai 2017, le Tribunal de district de Dietikon a condamné le prévenu à 9 ans et 4 mois de réclusion pour, entre autres, abus sexuels multiples, actes sexuels sur enfants et administration de substances dangereuses à multiples reprises.

L'accusé a fait appel. «Je veux que ma peine soit réduite! Certes, ce que j'ai fait est mal, mais je ne mérite pas une peine si lourde», a-t-il déclaré en ouverture de l'audience ce vendredi matin.

Enfants drogués

Les petites victimes ont passé la nuit chez l'accusé, certaines à de multiples reprises, peut-on lire dans l'acte d'accusation. Le Ministère public suppose qu'il a donné aux garçons une boisson sucrée préparée avant de les mettre au lit. Ce que l'accusé a nié en première instance.

Devant la Cour cantonale, il admet avoir administré du Dormicum, un somnifère, mais dans un verre d'eau. «J'ai dit aux enfants d'avaler la pilule pour qu'ils ne soient pas malades durant la nuit.» L'accusé possède un lit à eau sur lequel on peut se sentir balancé comme sur un bateau. Mais selon les juges, les victimes n'ont pas déclaré avoir avalé un comprimé durant leur interrogatoire.

Peine aggravée

La sédation a provoqué un sommeil profond et les victimes n'ont pas remarqué ce que l'accusé leur faisait. L'homme aurait touché les parties génitales des enfants. Parfois, il aurait même filmé ses exploits. La plus jeune victime avait huit ans au moment de la première agression. Au moment où l'accusé était le plus actif, il recevait chaque semaine la visite d'au moins un enfant.

Repentir

Le défenseur demande sept ans de prison. Dans un cas, il n'a pas été possible de prouver les abus. Il n'y a en effet pas de vidéos ou d'image d'agression et on ne peut pas exclure que la victime a imaginé ces abus.

De plus, la volonté de l'accusé de coopérer et ses regrets profonds qui ne cessent de croître depuis qu'il a entrepris une thérapie, doivent être reconnus. «Il prend conscience de ce qu'il a fait à chaque victime» a déclaré le défenseur. Le Ministère public, au contraire, affirme que la coopération de l'accusé a diminué tout au long de l'instruction. Il demande une peine de 13 ans de réclusion.

«J'ai honte»

«Presque tous les jours je suis hanté par ce que j'ai fait» a déclaré le prévenu. Au cours de la thérapie, il a reconnu la gravité de ses actes. «Je m'excuse du fond du cœur auprès des enfants et des familles d'avoir abusé éhontément de la confiance des petits.»

Au final, les juges ont alourdi la peine de réclusion qui passe à 10 ans vu le grand nombre de victimes.

(*nom connu)

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