Actualisé 01.04.2008 à 09:42

Ouverture du procès du «couple diabolique»

Le procès de Michel Fourniret, soupçonné d'être l'un des pires tueurs en série français et de son épouse Monique Olivier, a débuté jeudi à Charleville-Mézières (F).

Dans un texte remis à la cour, il se décrit comme «dénué de tout sentiment humain».

Michel Fourniret, qui a aussi sévi en Belgique, a également minimisé le rôle de son épouse, Monique Olivier, estimant qu'elle «est tombée dans les filets odieux d'un manipulateur». Elle risque comme lui la réclusion criminelle à perpétuité.

Dans un palais de justice transformé en camp retranché et rempli de près de 400 journalistes venus de l'Europe entière, massés dans la salle d'audience et deux salles de retransmission, l'accusé a fait une première apparition publique particulièrement théâtrale.

Cheveux et barbe grisonnants, vêtu d'un pull bleu, Michel Fourniret a d'abord refusé de s'exprimer. A chaque question du président de la cour d'assises sur son identité, il a brandi une feuille de papier blanche sur laquelle on pouvait lire: «Sans huis clos, bouche cousue».

Texte pour la cour

Par la suite, il a fait remettre au président du tribunal un autre texte enroulé avec un ruban rouge. Dans ce texte manuscrit d'une dizaine de pages, dont une copie a été communiquée aux avocats, il écrit: «Difficile de prendre la parole quand ce que l'on a à dire n'est pas plus beau que le silence».

«La présence (au procès, ndlr) d'une assistance composée de X fois plus de curieux et de désoeuvrés de toute qualité que de personnes concernées musèle inévitablement le coupable que je suis, c'est-à-dire un être mauvais et dénué de tout sentiment humain», explique-t-il.

Sept homicides

Les deux accusés risquent la réclusion criminelle à perpétuité. Michel Fourniret, 65 ans, doit répondre de sept homicides de jeunes femmes ou adolescentes, commis en France et en Belgique entre 1987 et 2003, des crimes qu'il a reconnus.

Son épouse Monique Olivier, 59 ans, est accusée aussi d'un des meurtres et de complicité dans plusieurs autres dossiers. Cette dernière a été interrogée par Gilles Latapie, le président du tribunal. Cheveux blancs coupés courts, elle a répondu d'une voie claire aux questions sur son identité.

L'un des enjeux principaux du procès sera de tenter d'éclaircir ses motivations, la complicité présumée d'une femme dans des crimes sexuels constituant un cas rare dans les annales judiciaires.

Pacte criminel

Dans le cadre d'un pacte criminel passé après leur rencontre par petite annonce, Monique Olivier a accepté d'aider son mari à enlever des jeunes filles. En échange, Michel Fourniret lui a promis de tuer deux de ses anciens compagnons supposés violents, ce qu'il n'a finalement pas fait.

Les Fourniret ont avoué avoir enlevé et tué Isabelle Laville en 1987, Fabienne Leroy en 1988, Jeanne-Marie Desramault et Elisabeth Brichet - enlevée en Belgique - en 1989, Natacha Danais en 1990, ainsi que les assassinats de Céline Saison en 2000 et Mananya Thumpong en 2001.

Onze meurtres au total

Au total, à partir des interrogatoires de juin 2004 quand elle se décide à rompre le silence, Monique Olivier attribue onze meurtres à son mari qui en reconnaît huit (dont les sept jugés au procès).

L'odyssée criminelle se termine en juin 2003 avec le rapt manqué, près de Namur en Belgique, d'une adolescente aujourd'hui âgée de 17 ans, qui s'enfuit à un stop et reconnaît ensuite la camionnette à l'arrière de laquelle elle était ligotée. Le numéro d'immatriculation mène à Fourniret qui est arrêté par la police belge. (ats)

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