Actualisé 10.05.2020 à 13:50

Suisse romande

Ouverture le 11 mai: certains musées pris de court

Des musées n'avaient pas anticipé de pouvoir ouvrir le lundi 11 mai. Ils ne sont pas prêts pour accueillir des visiteurs avec les nouvelles normes.

Le Kunstmuseum de Bâle se prépare aussi à la réouverture.

Le Kunstmuseum de Bâle se prépare aussi à la réouverture.

Keystone

Surpris par le Conseil fédéral, les musées ont le droit de rouvrir un mois plus tôt que prévu. Tous n'y arriveront pas lundi.

La Fondation Gianadda aurait dû changer d'affiche mi-juin pour passer des Hodler de Christoph Blocher à Caillebotte, mais ça ne se fera pas. Le Zurichois a accepté de laisser ses tableaux qui ont déjà attiré 50'000 visiteurs à Martigny jusqu'à fin novembre. La fondation conservera ses prix d'entrée basse saison tout l'été, tout en adoptant des horaires estivaux plus longs de 10h00 à 19h00.

Léonard Gianadda est prêt à recevoir son public: «on a un beau parc, les gens vont pouvoir s'y disperser». Mais il n'imagine pas qu'il y aura foule. «Les étrangers ne s'intéressent pas aux expositions de peintres suisses et ils ne pourront pas se déplacer.» Idem pour la clientèle alémanique et les seniors, qui viennent souvent par car en voyage organisé. «Ils ne prendront pas non plus le train», estime le Valaisan.

Gel, plexiglas, tables et chaises à distance à la buvette et dans le restaurant, tout est pourtant en place: « On le fait et c'est justifié». Solide financièrement, le grand musée privé n'a pas été ébranlé par la pandémie. Le personnel a aussi été mis au chômage technique.

«Oui il y a des frais fixes comme ceux de l'assurance pour les tableaux. Celle-ci n'a pas voulu baisser ses primes pendant les deux mois de fermeture, ce que je ne comprends pas, a dénoncé le Valaisan. Je ne demandais pas un geste, mais qu'elle s'adapte à la réalité. J'aurais trouvé normal et sympathique: eh bien non !»

De un à 36 prêteurs

Pour prolonger son exposition à Martigny, Léonard Gianadda n'a dû convaincre qu'un seul prêteur. Au flambant neuf Musée cantonal des beaux-arts à Lausanne, Bernard Fibicher a dû négocier avec 36. Lui a opté pour une ouverture en deux temps avec les collections Taus Makhacheva le 12 mai, puis le 2 juin «Vienne 1900» prolongée jusqu'au 23 août.

«Nous avons la chance d'avoir des espaces généreux avec de grandes salles d'exposition et des espaces de circulation larges, donc aucun problème de jauge - 1 visiteur par 10m2 - même en cas de bonne affluence», a-t-il expliqué.

Le plus gros défi du MCBA, ce tout jeune musée ouvert seulement six mois entre son lancement et le confinement, est justement de faire revenir le public. Un souci partagé par Lausanne, qui rouvre tous ses musées mardi 12 mai en offrant l'entrée jusqu'au 7 juin. Ensuite avec un seul billet, on pourra visiter pendant trois jours différentes expositions.

Secteur fragile

Car la crise du Covid-19 a révélé à quel point le secteur culturel est fragile. Dans ce contexte, Bernard Fibicher se fixe comme objectif de développer une véritable stratégie numérique tout en restant conscient que rien ne peut remplacer la rencontre physique d'une personne avec une oeuvre d'art «originale et unique».

L'historien de l'art se veut aussi prêt à modifier rapidement la programmation des expositions, imaginer des scénarios alternatifs et intégrer davantage encore des critères de durabilité. Faut-il vraiment faire voyager des oeuvres d'art dans le monde entier, se demande-t-il.

Genève: ouverture crescendo

A Genève, les musées ouvriront crescendo et d'ici trois semaines, la plupart d'entre eux le seront. L'idée est d'avoir un maximum de lieux ouverts à l'Ascension, partant du principe que les Genevois ne vont pas pouvoir partir durant ce week-end, a expliqué Armelle Combre, responsable de la communication du Département de la culture.

Les musées de la Ville de Genève mettront plus de temps à rouvrir que les privés. Car avant d'y parvenir, les musées municipaux doivent faire valider deux plans de protection: celui de la Ville et celui de la branche.

Les musées municipaux connaissent donc une couche administrative de plus. C'est aussi pour cela que l'on n'arrive pas à ouvrir tous les musées municipaux le 11 mai, selon la porte-parole.

La complexité des lieux joue aussi un rôle. Il est par exemple plus facile d'ouvrir le petit musée Barbier-Müller au centre-ville où un circuit peut être mis en place, avec une seule entrée. Une fois que le nombre de personnes autorisées à entrer est atteint, les autres attendront et entreront au fur et à mesure.

C'est beaucoup plus complexe pour le Musée international de la Croix-Rouge, qui propose des expositions permanentes et temporaires, des salles de médiations. Comme il recourt à beaucoup d'outils interactifs comme des tablettes ou des écrans tactiles, c'est un casse-tête pour trouver un plan de protection adéquat, souligne encore la porte-parole.' (nxp/ats)

(NewsXpress)
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