Neuchâtel: Ouverture lundi du méga-procès sur l'affaire Jaquet
Actualisé

NeuchâtelOuverture lundi du méga-procès sur l'affaire Jaquet

Le plus important procès ayant jamais engagé le monde horloger entamera son épilogue dès lundi devant le Tribunal pénal économique de Neuchâtel.

Quinze prévenus doivent répondre à des degrés divers d'une série de délits entourant «l'affaire Jaquet».

Le tribunal a réservé la période du 1er septembre au 3 octobre pour la tenue des audiences de jugement. Celles-ci auront lieu du lundi au jeudi à midi. Compte tenu de la multitude des protagonistes, l'arrêt de renvoi mentionne sous le nom d'«affaire Ulysse» ce qui se présentait naguère comme «l'affaire Jaquet».

Les prévenus contestent les charges ou la qualification des délits dont ils sont accusés. Les actes incriminés - vols et trafics de produits horlogers - se sont produits principalement à La Chaux-de-Fonds et au Locle. Des opérations de recel ont eu lieu aussi en France voisine, où réside un des accusés.

Grandes marques plaignantes

Les marques horlogères Rolex et de Grisogono, le groupe de luxe Richemont, propriétaire des montres Cartier, sont parties plaignantes dans cette affaire. Deux autres marques mentionnées dans l'arrêt de renvoi, Ulysse Nardin et Franck Muller, ont retiré leur plainte par suite respectivement d'arrangement et de non-lieu.

Les quinze prévenus sont accusés de vols ou recels d'or horloger, ainsi que de trafic de montres volées. Une partie des accusés devront répondre aussi de leur implication dans deux brigandages au dépens des sociétés Rolex et RSM Décolletages, dont le butin représente plusieurs dizaines de kilos d'or.

«Vraies-fausses» contrefaçons

L'accusation porte aussi sur des vols et recels de composants horlogers haut de gamme. Ces délits auraient débouché sur des assemblages illicites de produits de marque, soit une manière de «vraies-fausses» contrefaçons.

L'arrêt de renvoi des prévenus devant le tribunal comporte pas moins de 122 pages. Les documents d'enquête représentent 80 classeurs fédéraux regroupant 15 000 pages avec les annexes. Les faits incriminés remontent au début des années 2000. L'enquête a débuté avec l'arrestation de Jean-Pierre Jaquet en 2003.

Abus de confiance

Ce dernier devra répondre notamment d'abus de confiance commis au nom de sa société Jaquet-Baume. Le dossier d'accusation fait apparaître cependant que l'ancien horloger, qui a subi 14 mois de détention préventive, n'est pas nécessairement le plus chargé des trois principaux accusés.

Les preuves de son implication dans l'organisation des brigandages paraissent plutôt ténues. A sa libération, en décembre 2004, Jean-Pierre Jaquet avait déclaré qu'il était considéré à tort comme le cerveau permettant de relier entre eux les multiples délits à l'instruction dans le cadre de cette affaire.

Patron braqueur

Un des principaux accusés est le patron de l'entreprise de polissage Miranda. On lui reproche notamment son implication dans le braquage, devant sa propre usine, d'un convoyage d'or horloger sous-traité pour le compte de Rolex.

Le troisième principal accusé est soupçonné d'avoir organisé les braquages. Son nom apparaît aussi dans plusieurs affaires de trafic de montres volées. Lors de l'audience préliminaire, il a contesté la quantité de 39,8 kilos d'or horloger dont il aurait orchestré le vol, le recel et la revente.

Multitude d'affaires

Ce particulier d'origine italienne pourrait écoper de la sanction la plus lourde, si le tribunal reconnaît son rôle de pivot dans les actes incriminés. A première vue, les divers délits formant l'affaire Ulysse paraissent indépendants les uns des autres et engagent des auteurs différents suivant les cas. (ats)

Ton opinion