Nouvelle coqueluche: Overdose, le pur-sang qui fait oublier la crise aux Hongrois
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Nouvelle coquelucheOverdose, le pur-sang qui fait oublier la crise aux Hongrois

Minés par la crise, les Hongrois retrouvent le moral en se passionnant pour les exploits d'un cheval de course d'exception, qui répond au «doux» nom d'Overdose.

La presse n'hésitait d'ailleurs pas lundi à le comparer au légendaire Seabiscuit qui fit rêver les Américains au coeur de la Grande dépression.

Pas moins de 20 000 personnes se sont massées dimanche dans un hippodrome de Kincsem à Budapest plein à craquer, pour voir courir le pur-sang invaincu de 4 ans, au moment même où le nouveau Premier ministre Gordon Bajnai annonçait un plan de rigueur économique sans précédent.

Monté par le crack-jockey franco-belge Christophe Soumillon, Overdose a sans surprise remporté le Prix OTP-Hongrie, disputé sur la courte distance de 1000 mètres, pulvérisant au passage, en 54 secondes 6 dixièmes, le record du parcours qu'il avait établi, et laissant le deuxième à plus de huit longueurs. «Nous l'avons vu de nos yeux à Kincsem dimanche: une nouvelle star est née», s'enorgueillissait lundi le grand quotidien Nepszabadsag, au milieu de nouvelles beaucoup moins réjouissantes de hausses de la TVA et de baisse des traitements. Oubliant les vaches maigres, les parieurs ont été si nombreux à vouloir miser sur Overdose que le système de paris de l'hippodrome de Kincsem a rendu l'âme.

Son propriétaire, Zoltan Mikoczy, a également reconnu qu'il ne s'attendait pas à ce que le pur-sang, acheté pour la modique somme de 3500 dollars en 2006 en Angleterre et aujourd'hui évalué à plus de 6,5 millions de dollars, deviendrait la fierté de toute une nation en remportant douze courses d'affilée.

Les analystes ne se privent pas de relever des similitudes avec l'engouement manifesté par les Américains pour Seabiscuit au plus noir de la dépression des années 1930. Le chef de l'opposition conservatrice, Viktor Orban, crédité de 70% d'opinions favorables dans les sondages à un an des législatives, ne s'y est d'ailleurs pas trompé, en allant flatter l'animal, qu'il a qualifié de «cheval miraculeux». «Les Hongrois ont tant souffert d'échecs et ont si soif d'aller de l'avant qu'ils veulent être associés au moindre espoir de succès», a-t-il analysé avant la course. (ats)

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