Catastrophes climatiques: Oxfam prédit que les ONG seront submergées
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Catastrophes climatiquesOxfam prédit que les ONG seront submergées

L'ONG britannique Oxfam a lancé un cri d'alarme mardi: les organisations humanitaires risquent d'être submergées d'ici 2015 par l'explosion du nombre de personnes frappées par des catastrophes climatiques si le système d'aide internationale ne s'améliore pas.

Sous l'effet du réchauffement climatique, les crises liées au climat - inondations, sécheresses - pourraient affecter plus de 375 millions de personnes chaque année d'ici 2015, contre 250 millions aujourd'hui, estime l'Oxfam dans un rapport publié mardi. Cette estimation ne prend pas en compte les victimes de conflits armés ou de catastrophes naturelles comme les tremblements de terre.

Pour faire face à cette hausse, les dépenses d'aide humanitaire doivent passer de 14 milliards d'euros par an - leur niveau de 2006 - à au moins 25 milliards de dollars. L'ONG exhorte aussi les pays riches à distribuer l'aide de manière plus juste et désintéressée, en faisant fi de leurs intérêts politiques et sécuritaires.

«Loterie à l'échelle mondiale»

«Le système humanitaire est une loterie à l'échelle mondiale», a déclaré la directrice générale d'Oxfam, Barbara Stocking, dans un communiqué. «La réponse est souvent changeante, insuffisante, tardive. Il faut une réforme fondamentale du système afin que les gens dans le besoin soient la seule priorité.»

Oxfam estime que le système d'aide internationale est trop occidentalisé et concentré sur des catastrophes majeures très médiatisées au détriment des crises au long cours.

Le rapport pointe ainsi du doigt l'inégalité de traitement des victimes. Quand 1241 dollars ont été dépensés pour chaque survivant du tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est, 23 dollars seulement ont été alloués à chaque victime de la crise humanitaire au Tchad.

«Lorsque vous regardez où va l'aide humanitaire internationale, vous constatez que des pays ou régions comme la République démocratique du Congo (RDC), le Tchad ou le Darfour se retrouvent très bas sur l'agenda politique. C'est écoeurant», a déclaré à Reuters Jane Cocking, directrice des affaires humanitaires.

L'ONG prévient que le réchauffement climatique met en péril sa mission d'aide et exhorte les pays riches à respecter les engagements internationaux en matière d'émissions de gaz à effet de serre.

(ats)

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