Cinéma: «Pacific Rim», combats entre monstres et robots
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Cinéma«Pacific Rim», combats entre monstres et robots

Le cinéaste mexicain Guillermo del Toro donne vie aux créatures de ses rêves dans «Pacific Rim» (sortie le 17 juillet), une superproduction hollywoodienne qui met en scène des combats titanesques entre des robots et des monstres géants.

«Les monstres, c'est mon obsession. Il y a des gens dont le visage s'illumine quand on leur parle des chiots ou des chatons, moi je suis heureux quand on me parle de monstres», déclare Guillermo del Toro à l'AFP.

De fait, dans «Pacific Rim», qui sort vendredi aux Etats-Unis et le 17 juillet en France, le cinéaste mexicain a pu laisser libre cours à sa passion pour les créatures surnaturelles, déjà à l'oeuvre dans «Cronos» (1993), «Mimic» (1997), «L'échine du diable» (2001), les deux «Hellboy» (2004 et 2008) ou son chef-d'oeuvre, «Le Labyrinthe de Pan» (2006).

Cette longue expérience de cinéaste -- doublée d'une véritable expertise de producteur -- lui a été fort utile pour naviguer dans sa première superproduction hollywoodienne, où les effets spéciaux occupent une place prépondérante.

«J'ai toujours été un cinéaste avec un penchant technique très fort, que ce soit en termes de maquillage, d'animation ou d'effets spéciaux. Du coup, je ne me suis pas perdu dans l'aspect technique du film», dit-il. «Faire un film de cette ampleur, c'est avant tout une question de discipline, de travail et d'énergie».

Le film raconte comment l'humanité, dans un avenir proche, a dû créer des robots géants, pilotés par deux humains aux cerveaux interconnectés, pour combattre de terrifiantes créatures sorties des entrailles de l'Océan Pacifique.

Alors que les superpuissances mondiales veulent mettre ces robots à la casse pour investir dans une gigantesque muraille de protection, deux pilotes -- interprétés par le Britannique Charlie Hunnam et la Japonaise Rinko Kikuchi -- vont tenter de démontrer que les robots restent l'arme suprême.

Si Guillermo del Toro n'était pas impressionné par le gigantisme de son film, l'aventure n'en restait pas moins difficile. «Le plus titanesque fut de coordonner l'aspect artistique du film, pour qu'il soit visuellement beau, en termes de couleurs, de textures ou de formes. Il ne fallait pas que l'artistique se perde dans la technique», explique-t-il.

Comme à son habitude le cinéaste a créé des images très fortes, comme ce robot colossal terrassé s'effondrant sur une plage, ou ce monstre pourchassant une enfant en ballerines rouges, dans les rues dévastées d'une mégalopole.

Mais l'habileté de Guillermo del Toro réside aussi dans sa capacité à donner, à côté des combats extraordinaires entre géants, un visage humain et quotidien au monde qu'il invente, tels ces scientifiques un peu fous obsédés par l'origine des créatures, ou un trafiquant de restes de monstres (l'impayable Ron Perlman) qui règne sur un empire du dépeçage organisé.

«Je voulais faire un film choral, où l'on n'ait pas un seul héros mais où tous les personnages auraient le même poids», déclare le cinéaste. «Car le film parle de l'humanité sauvant l'humanité.»

Guillermo del Toro rend hommage aux films japonais de «kaiju» -- films de monstres, dont le célèbre Godzilla --, qui ont bercé son enfance. «J'espère qu'un public jeune et familial ira voir le film. Ce serait très beau de créer une nouvelle génération de fans de ce genre», dit-il.

La création graphique des robots -- jaegers -- et des «kaiju» a été un moment privilégié pour le réalisateur, qui s'est plié à la tradition, notamment pour les monstres: «La tipologie des kaiju est très stricte: il y a la l'insecte, le crustacé, le reptile. J'ai choisi d'en utiliser certains. Il y en a un qui ressemble à un crabe très élaboré et d'autres qui sont clairement des reptiles».

Aujourd'hui, tout en assurant qu'il «a aimé chaque moment de la création» de «Pacific Rim», Guillermo rêve d'un projet plus léger. «Ce que je voudrais faire maintenant, c'est quelque chose de rapide, court, et qui ne coûte pas autant d'argent», dit-il. (afp)

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