Actualisé 21.10.2015 à 06:48

Piratage de Sony Pictures

Pactole pour indemniser les employés piratés

Sony Pictures va débourser au moins 8 millions de dollars pour indemniser ses employés touchés par le piratage massif et embarrassant de l'an dernier.

Le directeur général de Sony, Kazuo Hirai, lors d'une conférence à Berlin en septembre 2015 (photo d'illustration)

Le directeur général de Sony, Kazuo Hirai, lors d'une conférence à Berlin en septembre 2015 (photo d'illustration)

Sony Pictures Entertainment (SPE) a passé un accord amiable à 8 millions de dollars pour indemniser ses employés dont les données personnelles ont été dérobées lors du piratage informatique massif du groupe de divertissement l'an dernier.

SPE va payer jusqu'à 10'000 dollars par personne, pour un maximum de 2,5 millions de dollars collectivement, pour les dédommager du vol de leur identité ou de l'utilisation à leur encontre de données personnelles dérobées, d'après des documents enregistrés au tribunal de Los Angeles tard lundi.

47'000 victimes

Fin novembre, 47'000 employés ou ex-employés de SPE, dont des célébrités, avaient vu leurs emails volés, de même que leurs numéros de sécurité sociale, adresses, salaires, et autres informations confidentielles.

Le groupe a aussi débloqué 2 millions de dollars pour financer des mesures préventives afin de mieux protéger à l'avenir les données informatiques de ses employés, à hauteur de 1.000 dollars par personne. Enfin, les frais d'avocats vont être remboursés à hauteur de 3,5 millions de dollars collectivement.

Validation

«Nous sommes parvenus à cet accord, qui doit encore être validé par le tribunal, à l'amiable avec les plaignants. Il représente un pas important et positif pour nous pour clore une fois pour toutes le chapitre du piratage informatique», a commenté le directeur général de SPE Michael Lynton dans un mémo envoyé mardi aux employés.

Début septembre, Sony Pictures était déjà parvenu à un projet d'accord amiable avec huit ex-employés qui l'avaient poursuivi pour ne pas avoir suffisamment protégé leurs données personnelles.

La plainte avait été déposée devant un tribunal fédéral de Los Angeles en décembre, un mois après l'attaque par un groupe de pirates informatiques se présentant comme les «Gardiens de la paix».

Corée du Nord

Les autorités fédérales ont attribué l'origine de cette attaque à la Corée du Nord, en représailles de la comédie satirique «L'interview qui tue!», un film qui mettait en scène l'assassinat du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Le studio, après avoir d'abord annulé la sortie en salles du film, s'était replié sur une sortie plus confidentielle en salles d'art et essai accompagnée d'une diffusion sur plusieurs sites de streaming sur internet.

«Bref impact»

Mardi, le directeur général de Sony Kazuo Hirai a minimisé l'impact du piratage et du scandale autour de ses révélations, lors d'un panel à la conférence technologique WSJDLive en Californie.

«Je ne pense pas qu'il y aura beaucoup d'impact en termes d'affaires. Il y a eu un bref impact sur le moral des employés (...) Nous avons appris notre leçon en termes de sécurité (informatique) et nous avons pris des mesures conséquentes. Nous en sommes ressortis plus forts et plus résilients», a-t-il assuré.

Gênant

Ce piratage, l'un des plus destructeurs et médiatisés jamais subis par une entreprise, a rendu les employés de Sony Pictures vulnérables à de possibles usurpations d'identités, a dévoilé au grand public des emails embarrassants des dirigeants du studio, entraîné la diffusion sur internet de films pas encore sortis ou de scénarios comme celui de «Spectre», le nouveau James Bond.

Il a aussi mis à genoux l'infrastructure numérique de SPE alors que les données de tous les disques durs ont été comme aspirées. L'activité du studio de télévision, cinéma et jeux vidéos entre autres a été quasi paralysée pendant des semaines.

L'attaque informatique avait aussi coûté son poste à la directrice du studio de cinéma de Sony, Amy Pascal. La diffusion par les pirates de certains emails jugés insultants notamment pour le président américain Barack Obama avait fait scandale, provoquant son éviction. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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