Bulle (FR): Paiement des boissons: un festival déçoit son public
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Bulle (FR)Paiement des boissons: un festival déçoit son public

Samedi, le DanceSector ne remboursait pas aux clients la totalité du solde des cartes prépayées pour acheter des boissons aux bars. La police et le préfet désapprouvent.

par
Frédéric Nejad Toulami
La première édition de ce festival electro fribourgeois a connu un succès mitigé. L'organisateur reconnaît que son avenir est pour l'heure incertain.

La première édition de ce festival electro fribourgeois a connu un succès mitigé. L'organisateur reconnaît que son avenir est pour l'heure incertain.

«Tous les bars fonctionnent avec des cartes boissons de 20 et de 50 fr. à vous procurer aux guichets à l'entrée! ATTENTION! Le remboursement maximum des cartes boissons est de 10 fr.» Cet avertissement inédit figurait samedi dans l'enceinte de l'Espace Gruyère, qui accueillait la première édition du DanceSector Electronic Music Festival, ainsi que sur lesdites cartes prépayées. Ces sésames, indispensables pour s'acheter des boissons, étaient vendus à une caisse unique, munie de trois guichets.

Mais certains festivaliers ont peu goûté à ce procédé: «C'est de l'arnaque, témoigne l'un d'eux. On a acheté d'un coup des cartes à 50 fr. pour ne pas devoir refaire la queue, mais en partant, ils ne nous remboursent pas toute la somme non dépensée!»

Pour Jérôme Chavaillaz, président de l'événement, il n'y a pas matière à polémique: «Le remboursement de 10 fr. était clairement indiqué, les gens n'ont qu'à faire attention en amont, s'ils se retrouvent comme des ânes au moment de partir, c'est de leur faute. Et ce concept de ces cartes pour les bars est très répandu dans les festivals en Suisse alémanique.» Mais hormis le Sonic Festival de Bâle, que mentionne Coralie Grandjean, responsable communication du DanceSector, difficile de citer d'autres exemples.

Chef de la police du commerce fribourgeoise, Alain Maeder trouve, lui, critiquable cette façon de faire: «Cela peut favoriser la consommation d'alcool et ça majore aussi les prix, puisque tout n'est pas remboursé.» Quant au préfet Patrice Borcard, qui a autorisé la tenue du DanceSector, il dit trouver étrange cette façon de faire, qui ne figurait pas au dossier déposé: «Si j'avais su cela à l'avance, je ne suis pas certain que je l'aurais accepté, déclare-t-il. Et comme il s'agit d'un dépôt d'argent sur ces cartes, des gens qui se sont sentis floués pourraient éventuellement déposer plainte.» Il voit par contre un avantage louable à ce système: il évite la circulation d'argent cash.

Affluence et chiffres d'affaire sous silence

Il espérait attirer 4000 festivaliers à l'Espace Gruyère, divisé en quatre dancefloors dès 17h samedi. Mais le Bullois de 28 ans Jérôme Chavaillaz déchante depuis dimanche, au point de refuser de communiquer sur le nombre d'entrées payantes de son événement electro et sur le chiffre d'affaires réalisé. La police a, elle, estimée l'affluence à 1500 personnes seulement. Selon Jérôme Chavaillaz, cela est surtout dû à la fermeture des festivités à 3heures du matin, fixée par le préfet au lieu des 5heures souhaité, ce qui aurait permis de rentrer avec les premiers trains.

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