Genève: Palexpo accueille la foire du bonheur et de la joie
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GenèvePalexpo accueille la foire du bonheur et de la joie

La fanzone genevoise, qui a affiché quasi complet, fête Fedrinka: un nouveau jour de gloire au calendrier des plus belles heures du sport helvétique.

par
David Ramseyer

Roger Federer s'écroule au sol, il pleure. Les supporters sautent en l'air, certains pleurent aussi. Il y a cette dame qui essuie ses larmes d'un revers de la main. A part «c'est fantastique, c'est fantastique !», elle ne peut plus rien dire, submergée par l'émotion. Les bras sont levés. Sublime mimétisme avec l'image sur l'écran géant, où les Suisses se congratulent. Les chants explosent dans la Halle 6 de Palexpo. Où la victoire (après les quarts et demis joués ici-même il y a quelques mois) est à nouveau au rendez-vous.

«C'est bon, c'est gagné!» Cette phrase définitive, Thomas la prononce non pas à la fin du match... mais avant qu'il ne commence. Présomptueux? Peut-être, mais en tout cas symbolique de la confiance qui règne ici, dans cette halle 6 dont les 1500 sièges aujourd'hui sont tous occupés. L'ambiance a clairement grimpé de plusieurs niveaux sur l'échelle de Fedrinka par rapport aux jours précédents. Le show de Stan, la montée en puissance de Roger allègent les coeurs et les âmes. Qui ne demandent pourtant qu'à être encore un peu plus rassurés. Le premier break du Bâlois s'en charge. Il fait voler les confettis et lève la foule. L'excitation forcenée, intense est palpable. La certitude de plus en plus forte, alors que rien n'est joué: «Gasquet ne va jamais gagner contre Rodg'! Il est trop stressé», soutient sans ciller Jonathan. Son pote Lucas enfonce le clou: «La défaite en double l'a plombé». Amen. Federer, à 750 kilomètres d'ici, imprime sa marque, les supporters la lisent sans problème et bondissent de leur chaise à chaque geste victorieux du Bâlois. Il y en a qui ont tout de même le goût du risque «Si ça se finit avec ce match, c'est super! Mais ça serait bien que Wawrinka remporte la coupe au bout de la cinquième rencontre», ose Marc. Pas sûr que les autres supporters soient du même avis. Federer n'est carrément pas d'accord. Premier set enlevé, hurlements de la Halle 6. Le doute s'étiole, la victoire semble toujours plus proche.

«Hoooooo !» Il y a tellement d'admiration et de joie ici à Palexpo lorsque cet amour de balle amortie vient mourir derrière le filet pour donner le deuxième set à Roger Federer. «Olééé-olé-olé-oléééé !» est pour l'instant le tube de cet automne, ici. Il est difficile, voire impossible de trouver quelqu'un qui doute encore de la victoire du Maître, de la Suisse. On vérifie d'ailleurs: «Federer peut-il perdre?» Regards incrédules à une question visiblement incongrue. «Non, non, clairement pas», répondent en choeur les sept membres de la famille Michel-Pittier. Ils ont l'air d'avoir raison. Deuxième set en poche pour le camp suisse. La marche en avant paraît inexorable.

«Ce n'est pas encore fait, mais ça sent super bon.» C'est drôle, tout le monde ici, comme Tracy, affiche un sourire permanent. Le DJ chauffe le public qui n'a aucun mal à répondre à tout ce qu'on lui demande, pourvu que cela soit à la gloire de la Suisse. L'ambiance monte au fil des jeux, au fil du solo impérial de Federer. Elle monte en direction du paradis. Un groupe d'adolescents est debout sur les chaises, les gens n'en peuvent plus, rester assis est insupportable. Et puis enfin, la délivrance, une explosion gigantesque résonne dans la Halle 6. Ce saladier, si moche mais si beau aujourd'hui, fait chanter les supporters. l'Histoire est désormais écrite. «C'est tellement fort, j'suis trop, trop content!». Il y a des après-midi brumeuse de novembre qui resteront au final tellement lumineuses.

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