Actualisé 22.11.2014 à 18:58

Genève

Palexpo lève les bras au ciel et pleure de joie

Stanislas Wawrinka et Roger Federer déposent la fanzone genevoise à quelques mètres du paradis. Le succès en double cimente la confiance pour la victoire finale.

de
David Ramseyer

Préparer le feu de joie en cas de victoire, allumer un cierge si la défaite frappait le camp helvétique : deux destins, deux routes vers la gloire ou la désillusion, suspendus à la force et au talent de Stan The Man et du Maître. Un enjeu dont les fans helvétiques sont pleinement conscients, à quelques secondes du début de ce double si crucial. N'empêche: ils restent confiants, ces supporters de Palexpo «même si la prestation de Federer hier fait un peu peur», tempère Samuel.

Le public est clairsemé en début de partie. Un homme est dans le doute: «Je suis un inconditionnel de Federer, je l'adore. Mais je suis Français...» Alors, Romain, tu tiens pour qui au final? «Oh?! Ben... Je serai heureux quoiqu'il arrive!» Plus loin, deux copines avec le drapeau à croix blanche sur les épaules, trépignent et avouent leur stress total, mais la Halle 6 adopte la méthode Coué: tout le monde se convainc de la victoire. Et autre sentiment partagé par tous: mettre Federer dans le double avec Wawrinka était la meilleure chose à faire: «Cela lui permettra de se réhabituer à la terre battue, à retrouver sa confiance», analyse Aline. On ne sait pas si, de Genève à Lille, la jeune fille inspire le Bâlois mais en tout cas, ce dernier est bien plus présent que hier. «Ce sont des bêtes, les Suisses, on va gagner trois sets à zéro», jure un fan helvétique. C'est en tout cas une manche à rien sous un déluge de vivas dans une fanzone qui se remplit petit à petit: il y a plus de monde que hier (environ 800 personnes cet après-midi).

Les cris, les hurlements, la rage aussi avec des poings qui dansent de joie vers le plafond de la Halle 6 se font plus nombreux, plus forts. «Confiance, confiance, confiance» résonne ici comme un mantra adressé aux Dieux du tennis. Raphaël jubile: «Ils sont forts dans la tête». Stan The Man et Fed' forment aujourd'hui un duo uni. Un couple tendrement enlacé ondule doucement au son d'une musique rythmée par le bruit d'une balle jaune frappée là-bas, dans le nord de la France. Les amoureux n'ont de yeux... que pour l'écran. Et malgré les balles de break françaises qui font passer un frisson dans les rangs helvétiques, l'ambiance monte. Lorsque le deuxième set bascule dans le camp helvétique, c'est une ovation, profonde, exubérante, heureuse qui balaie Palexpo.

Les gens sont debout et une conviction est née: la troisième manche sera la dernière parce que cette équipe suisse est «fantastique, géniale !» Marie José danse sur la musique diffusée plein pot entre les jeux. Elle n'arrête pas de sourire. L'amour, sans doute... «Je les adore, je les adore!». Stan et Roger font chavirer les coeurs par écran interposé. Pour les supporters, même si le score est encore à égalité dans ce 3e set, c'est gagné pour ce soir. La suite leurs donne raison. Gasquet est au fond du trou, les Suisses s'envolent. Peu avant 18h, la Halle 6 bascule dans une douce folie. Deux victoires à une, le rêve Coupe Davis se matérialise un peu plus. Les fans disent vouloir rester prudents mais dans leurs yeux, un feu de joie danse. Le brasier est dressé, il ne reste plus qu'à l'allumer. Mais attention à ne pas se brûler avant d'y mettre le feu.

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