Actualisé 19.06.2011 à 20:39

GrècePapandréou tente d'éviter la banqueroute

En Grèce, le Premier ministre Georges Papandréou tente de faire face au violent mécontentement public. Il a appelé les Grecs à soutenir son nouveau plan d'austérité pour éviter la banqueroute.

Le Premier ministre Georges Papandréou a demandé dimanche aux Grecs de soutenir son nouveau plan d'austérité. Il a également réclamé un «accord national» entre les partis politiques et un vote de confiance du Parlement. Les ministres des Finances de la zone euro cherchaient dimanche soir un compromis sur un deuxième plan d'aide.

Pour M. Papandréou, la Grèce se trouve «à un point crucial». Il a tenté dimanche de faire face au violent mécontentement public et à la grogne au sein de son parti. Pour lui, un nouveau plan d'austérité sur cinq ans chiffré à environ 28 milliards d'euros jusqu'en 2015 est la seule solution pour éviter la banqueroute.

Le Premier ministre grec a aussi promis de donner à la population l'occasion de s'exprimer à l'automne au travers d'un référendum sur «les grandes réformes» engagées. «Un vote de confiance du législatif (agendé mardi soir) va renforcer la voix de la Grèce» pour poursuivre l'aide financière internationale, a-t-il déclaré dimanche devant le Parlement à l'ouverture du débat sur ce vote concernant son nouveau gouvernement nommé à la hâte vendredi.

Ce plan d'austérité budgétaire doit être adopté par la Grèce d'ici à fin juin afin de convaincre les créanciers du pays, l'UE et le FMI, de poursuivre leur aide. Ces mesures vont s'ajouter à un plan de rigueur draconien imposé l'année dernière, en échange d'un prêt de 110 milliards d'euros par le FMI et l'UE sur trois ans.

Le plan d'austérité contient des mesures d'économies drastiques étalées sur cinq ans. Elles consistent en des privatisations, une baisse des revenus et une hausse de la fiscalité.

Réunion au Luxembourg

M. Papandréou, qui joue sa survie politique, a rappelé que la Grèce se trouvait à un «moment décisif» et que ses réserves de liquidités étant presque épuisées. Il espère obtenir une nouvelle tranche d'un montant de 12 milliards d'euros lui permettant de passer l'été.

Les ministres des Finances de la zone euro étaient toujours à la recherche dimanche soir au Luxembourg d'un compromis sur un second plan d'aide à la Grèce impliquant cette fois les créanciers privés.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble avait précédemment indiqué que la participation des créanciers privés devait se faire sur une base volontaire. Selon lui, leur participation doit aussi être suffisamment contraignante pour être substantielle. Le ministre allemand a fait part de cette réflexion peu avant le début de la réunion qui doit se terminer lundi.

«Les conséquences d'une faillite ou une sortie de l'euro auraient des conséquences catastrophiques immédiates pour l'immobilier, les banques et la crédibilité du pays», a précisé M. Papandréou.

Son nouveau ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, a promis dimanche devant les journalistes que la Grèce tiendrait ses promesses d'économies budgétaires et de réduction du déficit.

Concorde nationale

L'opposition en Grèce réclame par la voix de son chef de file Antonis Samaras le départ du chef du gouvernement et une renégociation de l'aide après des élections.

M. Papandréou a demandé dimanche à ses adversaires de cesser l'affrontement politique dans une période aussi difficile afin de ne pas donner l'image d'un pays divisé. «Afficher nos divisions ne nous aide pas», a-t-il expliqué. Il a également annoncé «à l'automne» un référendum sur «les grandes réformes engagées».

Mais la droite à de nouveau refusé de se rallier à un «accord national» sur la politique d'austérité. Elle a réitéré que toute solution devait passer par des élections anticipées.

En s'adressant aux Grecs, M. Papandréou s'est encore engagé à corriger les conséquences sociales provoquées par sa politique, qui a aggravé la récession économique et développé le chômage.

Grèves en vue

Les employés de la compagnie publique d'électricité PPC, promise à une privatisation, ont prévu de cesser le travail pendant 48 heures à partir de minuit dimanche, ce qui devrait entraîner des pannes de courant. Le puissant syndicat du secteur privé (GSEE) a également appelé à une nouvelle grève générale de 48 heures, fin juin, lors du vote au Parlement grec sur le plan d'austérité.

Des milliers de personnes ont quant à elles à nouveau manifesté dimanche soir sur la place Syntagma, à Athènes, à l'appel du mouvement des «indignés». La manifestation rassemblait en milieu de soirée environ cinq mille personnes, selon la police.

(ats)

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