Kidnapping: Par crainte de leur ex, ils font ficher leurs enfants
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KidnappingPar crainte de leur ex, ils font ficher leurs enfants

De plus en plus de parents font inscrire leurs enfants dans le système de recherches informatisées de la police, craignant que leur ex ne les enlève à l'étranger.

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Photo d'illustration

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Keystone

La semaine dernière, deux fillettes kidnappées il y a plus de 4 ans par leur père et emmenées en Égypte ont enfin rejoint leur domicile à Interlaken (BE).

En Suisse, la peur d'un tel enlèvement semble gagner du terrain. Car un nombre grandissant de personnes font inscrire leurs enfants de manière préventive dans le système de recherches informatisées de la police (RIPOL). Contacté par l'«Aargauer Zeitung», l'Office fédéral de la police (Fedpol) confirme que 283 personnes ont été ajoutées à la banque de données l'an dernier. Un record absolu. À titre comparatif: en 2017, 183 nouvelles personnes y avaient été ajoutées. Cet instrument de prévention existe depuis 2010.

«Une protection suffisante»

C'est soit un tribunal soit l'Autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA) qui décide qui est inscrit dans ce système. Pour cela, il doit notamment y avoir un risque d'enlèvement ou des menaces proférées par l'un des parents. Selon Patrick Fassbind, de l'APEA de Bâle-Ville, les inscriptions dans RIPOL constituent de manière générale «une protection suffisante». «Nous n'avons encore jamais eu d'enlèvements après une inscription au système informatique.» Les autorités fédérales n'ont pas été en mesure de dire combien d'enlèvements sont évités chaque année grâce à RIPOL.

Son fonctionnement est simple: lorsqu'une personne souhaite quitter l'espace Schengen par voie aérienne avec un enfant figurant dans le registre, un message d'alerte s'affiche sur les ordinateurs des employés de l'aéroport. En revanche, la personne en question peut se rendre dans un autre pays Schengen sans que l'alerte soit donnée. Une inscription au registre s'annule automatiquement après un an. Elle peut être prolongée d'une année supplémentaire.

68 procédures en vue de retour

Au total, une centaine de pays ont signé la convention de La Haye sur l'enlèvement international d'enfants. Lorsqu'un enfant est enlevé dans l'un de ces États membres, le parent souhaitant récupérer son petit peut demander l'ouverture d'une procédure en vue de retour. L'an dernier, 68 demandes du genre ont été déposées. Les chances de réussite sont relativement grandes pour les États membres, mais très compliquées, voire nulles pour les autres pays n'ayant pas signé la convention.

Selon l'«Aargauer Zeitung», près de 100 enfants sont emmenés chaque année à l'étranger par leurs propres parents.

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