Electrosanne: Para One: «Je décide du set juste avant de le jouer»
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ElectrosannePara One: «Je décide du set juste avant de le jouer»

Electrosanne se poursuit jusqu'au samedi 6 septembre 2015. Para One y mixera ce soir-là. La venue du Français est immanquable.

par
Fabien Eckert
Le trentenaire possède plusieurs casquettes: réalisateur, DJ, producteur et boss de label.

Le trentenaire possède plusieurs casquettes: réalisateur, DJ, producteur et boss de label.

Vous avez commencé dans le hip-hop dans les années 1990 avant de vous tourner vers les sonorités électroniques? Pourquoi ce changement?

C'est la rencontre avec TTC qui a motivé cette évolution. Le groupe était à la recherche de sons nouveaux et mes productions strictement rap étaient trop traditionnelles. On a donc cherché à inventer notre propre style en mélangeant rap et musique électronique. L'IDM, notamment anglais, de l'époque, a été une énorme influence.

Pensez-vous que vous avez été un précurseur? Quand on voit par la suite que Kanye West a travaillé avec Daft Punk ou plus récemment que le dernier album de Brodinski sonne très hip-hop…

C'était une période magique et je pense qu'avec TTC, on a eu une sorte de vision collective. Mais c'était inévitable que la musique électronique et le rap finissent par fusionner. Peut-être que TTC était en avance, mais d'un autre côté nous n'avons pas forcément fait fructifier cet héritage suffisamment pour prétendre être une influence aussi majeure aujourd'hui. Notre rôle était plutôt celui d'éclaireur.

Quelles ont été vos inspirations derrière votre dernier album en date «Club»?

Cet album synthétise la plupart de mes influences dans la musique club. Ce serait trop long de les citer, mais il y a même parfois des clins d'oeil à des morceaux que j'ai adoré jouer au fil des ans. C'est l'équivalent nocturne de «Passion» (ndlr: sorti en 2012) où j'avais rassemblé mes influences hip-hop, pop et IDM.

Retrouve-t-on encore aujourd'hui des réminiscences hip-hop dans votre musique?

Je pense que oui. Je suis défini par toutes ces années à écouter et produire du hip-hop et, à mon avis, ça s'entend.

Mise à part votre casquette de musicien, vous êtes aussi un réalisateur, un acteur et un patron de label. Comment être bon dans tous les domaines et comment ne pas se disperser?

Je me vois seulement comme musicien et réalisateur. Ce sont deux activités très prenantes, mais j'ai choisi de définir des périodes où je me consacre à l'un puis à l'autre. Par exemple, cette année j'ai beaucoup travaillé sur le scénario de mon premier long métrage et ça sera mon projet le plus important ces prochains mois.

Un de vos derniers clips, «You Too» sorti en 2014, a été publié sur la chaîne YouTube de Spinnin' Records...

Spinnin' a adoré «You Too» et il a proposé de le distribuer dans une partie de l'Europe. Le morceau est donc en licence chez lui dans certains territoires. Nous avons accepté, car c'était une belle opportunité de diffuser ce morceau.

Ce label a plutôt pour vocation de signer et produire des artistes hyper commerciaux qui donnent majoritairement dans l'EDM. Voulez-vous percer dans ce milieu?

Pas du tout (rires)! Je n'aurais jamais pensé à voir les choses comme ça. Cette collaboration avec Spinnin' a été ponctuelle, sur un morceau pour lequel ça s'y prêtait. Dans l'absolu, je ne produis pas de musique qui s'apparente à de l'EDM. Pour moi, le label importe peu, s'il ne me demande pas de toucher ma musique pour lui plaire, si j'ai totale liberté artistique, je me sens tout à fait intègre, chez Spinnin' ou ailleurs. «You Too» est un morceau sincère et spontané, il a été perçu comme tel par le public, je crois.

D'ailleurs que pensez-vous de cette guerre incessante entre EDM commerciale et musique électronique underground? Et vous, où vous situez-vous?

Les deux partis m'énervent, donc je ne m'y intéresse pas. D'un côté le cynisme et le totalitarisme de l'industrie EDM avec tout ce que ça a de répugnant, mais aussi de l'autre côté un certain intégrisme techno pratiqué par les plus jeunes, qui ont découvert cette musique récemment et font la leçon à tout le monde sur le vinyle, sur l'underground… J'ai connu plusieurs époques de la musique club et je ne me sens pas concerné par ces débats. J'ai joué vinyle pendant des années, j'ai adoré jouer de la musique sans visage mais aussi de la pop, et je pense qu'il faut savoir rester généreux avec les gens, ouvert d'esprit et surtout léger: tout ça n'est pas si grave!

A quelles sonorités doivent s'attendre les gens qui viendront voir votre set au festival Electrosanne?

J'improvise mes sets donc je déciderai un quart d'heure avant de jouer, en fonction de l'atmosphère du lieu. Mais ça sera sans doute très techno.

Que connaissez-vous de la ville de Lausanne dans laquelle vous allez jouer et de la Suisse plus largement?

J'y joue régulièrement et j'ai beaucoup d'amis en Suisse, notamment à Genève. J'adore y aller et même passer du temps, c'était une destination de vacances pour moi à une époque. Et ayant vécu en Savoie, à côté, j'apprécie particulièrement cette région qui est associée à beaucoup de souvenirs.

Avez-vous des rituels avant de monter sur scène?

J'ai besoin de me concentrer quelques minutes. Rien de spectaculaire mais parfois les gens ont l'impression que ça ne va pas du tout, puis ils sont surpris quand je finis par m'éveiller d'un coup au moment de jouer.

J'ai besoin de me concentrer quelques minutes. Rien de spectaculaire mais parfois les gens ont l'impression que ça ne va pas du tout, puis ils sont surpris quand je finis par m'éveiller d'un coup au moment de jouer.

ELECTROSANNE

Jeudi 3 septembre 2015

Open Air (25 fr.): Place Centrale: Mimetic, Palms Trax, Daniel Avery b2b Roman Flügel. Place de l'Europe: Pete Rock, Maddam, Ginger Boss & Asian Eyez, J Rocc, Boston Bun b2b Busy P.

Vendredi 4 septembre 2015

Open Air (29 fr.): Place Centrale: Lemonick b2b Krizzli, Simpig, Mumdance, Koreless, Mount Kimbie. Place de l'Europe: After We Jump, Nadine Carina, Laolu, Francois K, Nina Kraviz.

Clubbing (de 15 à 25 fr. par club): D! Club: Djerry C, Marcel Dettmann, Scuba. Le Bourg: Chukks, Ghazal & Dinamarca. Le Romandie: dès Gaspard de la Montagne, Dean Blunt, Lee Gamble, Verveine. La Ruche: Tanua, Tom Trago.

Conférence (gratuit): Friends Café de Lhotel: Daniel Avery.

Samedi 5 septembre 2015

Open Air (29 fr.): Place Centrale: Horasse, Princess P, Session Victim, Jus-Ed, Floating Points. Place de l'Europe: Sebb Bash & Yvdre, Paris, Il, Para One b2b Curses, Gener8ion, Club Cheval, Louisahhh!!!.

Clubbing (de 15 à 25 fr. par club): D! Club: Schnautzi, Araabmuzik, Koma Dub & Mc Stone, Spor, Demon-D. Le Bourg: Marc D'Arrigo, Ngly. Le Romandie: Larytta, The Juan Maclean, Round Table Knights. La Ruche: Lucas Moneme, Oliver Hafenbauer.

Conférence (gratuit): Friends Café de Lhotel: François K.

Dimanche 6 septembre 2015

Jetée de la compagnie (gratuit): Adry, Bauchamp, Tissu & Traffic.

Electrosanne

Du 1er au 6 septembre 2015. Infos & billetterie: www.electrosanne.ch

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