Actualisé 18.11.2018 à 04:05

Trump en Californie

Paradise dévastée par le feu: «Très triste à voir»

Le président américain s'est rendu en Californie, samedi, alors que l'Etat est ravagé par deux importants incendies.

Donald Trump est arrivé samedi en Californie. Il devait aller à la rencontre des pompiers qui continuent à lutter contre les gigantesques incendies qui ont déjà fait 76 morts, selon un dernier bilan. Le nombre des personnes portées disparues atteint 1276.

L'avion présidentiel Air Force One s'est posé en milieu de matinée sur la base militaire de Beale, à quelques dizaines de kilomètres au sud de la petite ville de Paradise, près de laquelle s'est déclaré il y a dix jours l'incendie le plus meurtrier de l'histoire californienne.

«Il y a beaucoup de personnes portées disparues, beaucoup plus que quiconque aurait pu imaginer», avait déclaré le président américain en quittant la Maison Blanche. «Je veux être aux côtés des pompiers», avait-il ajouté, évoquant leur «courage extraordinaire».

«C'est très triste à voir»

Le président américain Donald Trump a exprimé sa profonde tristesse en visitant la petite ville californienne de Paradise, dévastée par l'incendie le plus meurtrier de l'histoire de cet Etat.

«C'est très triste à voir», a déclaré Donald Trump, au milieu des ruines, accompagné de la maire de la ville, Jody Jones. «En ce qui concerne le nombre de morts, personne ne sait véritablement à ce stade, il y beaucoup de personnes portées disparues», a-t-il ajouté.

Près de 100'000 hectares

Le «Camp Fire» a ravagé plus de 59'000 hectares dans le nord de l'Etat. L'incendie a fait 76 morts et 1276 personnes sont encore portées manquantes. Ce nombre est très imprécis, car il a été établi à partir de «données brutes», comme des coups de téléphone passés aux secours, a prévenu le shérif du comté de Butte. Certains noms orthographiés de différentes manières pourraient aussi avoir été comptabilisés plusieurs fois et certains rescapés ne se sont pas signalés aux autorités ou à leurs familles, a-t-il ajouté. Depuis vendredi, 380 personnes ont été localisées et retirées de la liste des personnes disparues. «Beaucoup de progrès ont été faits par rapport à cela, mais les données restent brutes», a-t-il insisté

Le feu est visible à plus de 200 km au sud de Paradise, jusqu'à San Francisco, où les autorités ont lancé vendredi une alerte à la pollution. Les écoles publiques y ont été fermées vendredi et le pont du Golden Gate était enveloppé d'un épais brouillard.

Dans le sud de la Californie, près de Los Angeles, le «Woolsey Fire» a brûlé près de 40'000 hectares, dont une partie de la célèbre station balnéaire de Malibu, prisée des stars. Il a fait au moins trois morts. Le foyer était contenu à près de 80% et les pompiers espèraient l'éteindre d'ici lundi.

L'enquête se poursuit

Près de 9000 pompiers sont déployés sur les deux brasiers, qui ont entraîné l'évacuation de dizaines de milliers d'habitants, dont beaucoup n'ont pas encore été autorisés à regagner leurs foyers. L'essentiel des opérations de recherche des personnes disparues a lieu à Paradise, où vivaient de nombreux retraités qui n'ont pas réussi à fuir à temps.

L'enquête se poursuit pour connaître l'origine des deux incendies. Une plainte a été déposée contre le fournisseur local d'électricité Pacific Gas & Electric (PG&E) qui a évoqué un incident sur une ligne à haute tension juste avant le déclenchement du brasier à Paradise.

La Californie, victime de sécheresse chronique depuis plusieurs années, a connu plusieurs incendies majeurs depuis un an, qui ont fait plus de 100 morts et brûlé des centaines de milliers d'hectares.

Animosité mutuelle

La présidence n'a pas dévoilé le programme exact de la visite de Donald Trump, la seconde seulement sur les terres californiennes depuis son entrée en fonction en janvier 2017.

Ce grand Etat de l'ouest américain est sur tous les fronts contre le milliardaire républicain, de l'immigration à l'environnement, en passant par la régulation des armes à feu. L'Etat le plus peuplé des Etats-Unis est aussi celui qui compte le plus d'immigrés et de sans-papiers, largement ciblés par la politique présidentielle.

Preuve de cette animosité mutuelle, Donald Trump avait d'abord dénoncé la mauvaise gestion des forêts par les autorités du «Golden State», oubliant que celles-ci sont en majorité sous le contrôle de l'Etat fédéral. Il avait aussi menacé de couper les fonds fédéraux, alors que le Congrès a consacré un budget de 2 milliards de dollars à la lutte contre les incendies pour l'exercice budgétaire 2018.

Changement de ton

Le président a depuis changé de ton: il a déclaré la Californie en état de «catastrophe majeure», salué le travail des soldats du feu et assuré la population de son soutien en expliquant avoir parlé directement de la tragédie avec le gouverneur démocrate Jerry Brown, qu'il doit rencontrer samedi.

Il a toutefois remis l'accent sur l'absence, selon lui, de nettoyage préventif des zones forestières. La zone de l'incendie de Paradise «aurait dû être nettoyée, il n'y aurait pas eu de feu», a-t-il affirmé sur Fox News.

Le réchauffement climatique a «peut-être un peu contribué» à la progression fulgurante des flammes. Mais «le plus gros problème, c'est la gestion», a-t-il ajouté sur Fox News. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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