Actualisé 24.02.2016 à 12:05

ZurichParalysée à cause d'un lit, elle obtient gain de cause

L'Allemande Brit Melters est quasi tétraplégique depuis que le cadre du lit mural dans lequel elle dormait lui est tombé dessus, en 2006 en Suisse. La justice zurichoise vient de trancher en sa faveur.

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L'Allemande est quasi tétraplégique à partir de la cinquième vertèbre cervicale.

L'Allemande est quasi tétraplégique à partir de la cinquième vertèbre cervicale.

photo: Kein Anbieter/Matthias Jurt

«Je suis vraiment soulagée», souffle Brit Melters. Après neuf ans de lutte, la justice a enfin donné raison à l'Allemande (lire encadré). Le Tribunal de district de Bülach (ZH) a récemment décidé que son ancien élève de parachutisme et le père de ce dernier devront répondre du dommage qu'elle a subi en 2006 dans le chalet de vacances des deux hommes à Obersaxen (GR).

La vie de Brit Melter, alors âgée de 34 ans, avait basculé au petit matin du 30 décembre, rappelle ce mercredi le «Tages-Anzeiger». Alors qu'elle dormait paisiblement, le cadre du lit mural lui était tombé sur le cou. A l'hôpital, les médecins lui avaient annoncé qu'elle resterait paralysée à partir de la cinquième vertèbre cervicale. Depuis ce jour-là, elle doit être assistée dans les moindres gestes.

«Nous avons gagné un peu de temps»

Le Tribunal de district de Bülach (ZH) publiera dans les semaines à venir le détail du verdict. La justice a néanmoins tenu à rendre publique sa décision, parce que Brit Melters risquait de perdre sa maison en Allemagne dans laquelle elle vit avec son fils et ses grands-parents. Sans revenu, la quadragénaire ne parvenait plus à rembourser le prêt hypothécaire qu'elle avait contracté à l'époque. Le Tribunal de Stuttgart (All), qui avait ordonné une vente aux enchères de la maison, a momentanément suspendu la procédure. Une deuxième vente aux enchères pourrait avoir lieu, mais pas avant cet automne.

«Nous avons gagné un peu de temps», se réjouit Brit Melters qui n'a jamais perdu espoir. Son avocat, Eugen Mätzler, espère désormais pouvoir trouver d'ici l'automne prochain un terrain d'entente avec les assurances de responsabilité civile des accusés. Le but: trouver une solution qui soit acceptable pour tout le monde.

Acquittés aux Grisons

Les deux accusés ont été acquittés l'an dernier par le Tribunal pénal des Grisons. Celui-ci s'était appuyé sur une expertise qui affirmait qu'il aurait fallu tirer avec beaucoup de force sur le cadre du lit pour que celui-ci ne s'effondre.

Mais Brit Melters ne s'était pas laissée abattre et avait engagé une procédure civile à Bülach (ZH), lieu de domicile des deux accusés. Interrogée fin décembre par le «TagesAnzeiger», elle s'était montrée d'autant plus optimiste qu'une nouvelle expertise avait été réalisée par le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (Empa). Selon cette deuxième expertise, le cadre d'un lit mural doit être suffisamment bien accroché au mur avec des chevilles. Si tel n'est pas le cas, le cadre risque de s'effondrer même si on ne fait que dormir dedans.

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