Suisse: Parc national d'innovation soutenu au National
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SuisseParc national d'innovation soutenu au National

Le Conseil national a donné mardi son feu vert pour libérer un crédit de 350 millions de francs en faveur du futur Parc national d'innovation.

Au vote sur l'ensemble, il a soutenu par 153 voix contre 38 le projet du Conseil fédéral. Seule l'UDC s'y est opposée.

Le Parc national d'innovation comprendra deux centres principaux à proximité des deux écoles polytechniques fédérales de Lausanne et Zurich et trois sites secondaires, implantés à Bienne (BE), dans le Nord-Ouest de la Suisse (BS, BL, JU) et en Argovie.

En Suisse romande, cinq cantons (FR, GE, NE, VD, VS) ont uni leurs forces avec l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) pour constituer le hub EPFL décentralisé de Suisse occidentale.

Rayonnement mondial

Il est composé de plusieurs sites afin de respecter l'équilibre des régions linguistiques, a rappelé Christine Bulliard (PDC/FR) au nom de la commission. Les hautes écoles de différents cantons collaboreront et il en résultera un vaste réseau porteur d'innovation et d'excellence scientifique.

Il s'agit d'un label de qualité qui attirera de nombreuses entreprises, a abondé Fathi Derder (PLR/VD). Il renforcera la compétitivité de la Suisse sur le plan international, en attirant investisseurs, chercheurs et ingénieurs.

Notre économie est déjà innovante, la Suisse est une «Silicon Valley», a contré Verena Herzog (UDC/TG), en vain. La Confédération doit se contenter d'offrir des conditions cadres adéquates pour permettre aux chercheurs et entreprises de poursuivre leur coopération, comme cela a toujours été le cas jusqu'à présent.

La Silicon Valley en Californie «a réussi précisément grâce à l'aide de l'Etat», a rétorqué Fathi Derder.

Libéré par tranches

Les 350 millions seront libérés par tranches. Une première de 150 millions et les deux autres de 100 millions. Des engagements peuvent être pris à la charge du crédit-cadre du 1er janvier 2016 au 1er janvier 2024.

Ce montant doit servir à des cautionnements qui pré-financeront des infrastructures de recherche comme des appareils ou équipements, mais pas à la construction de bâtiments. Ces prêts seront gérés par l'organisation faîtière du parc qui est la fondation Swiss Innovation Park.

Ce projet n'est pas un parc d'innovation, mais un parc de subventions, pis un «parc de corruption», a fustigé Christoph Mörgeli (UDC/ZH). Le Zurichois s'est déjà opposé avec virulence à l'entrée en matière d'un projet qui «discrimine les régions qui n'ont pas été sélectionnées».

Plusieurs élus ont en effet critiqué le fait que certaines régions comme le Tessin aient été délaissées ou que St-Gall ait été écarté à la faveur de Bienne.

«A ce stade, certaines régions n'ont pas été sélectionnées, car elles ne remplissaient pas les critères, mais elles peuvent tenter ou retenter leur chance ultérieurement», a répondu le ministre de la formation et de la recherche Johann Schneider-Ammann. «Nous parlons d'un parc suisse d'innovation, le 'Röstigraben' n'a pas sa place ici», a-t-il ajouté.

Opérationnel en 2016?

Pour soutenir le parc d'innovation, des terrains de la Confédération seront cédés en droit de superficie. Berne réserve 70 hectares de l'aérodrome de Dübendorf pour le pôle d'innovation zurichois de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich qui sera intégré au parc.

Par 106 voix contre 83, la Chambre du peuple propose une petite retouche sur ce point: elle suggère de réaffecter les produits financiers de la rente des droits de superficie au profit de mesures de soutien à l«ensemble des sites.

Autrement dit, les recettes provenant du droit de superficie des terrains de Dübendorf pourraient par exemple être utilisées par Neuchâtel, Bienne ou Lausanne.

En revanche, elle a rejeté par 133 voix contre 60 une proposition de la minorité de la commission qui souhaitait que la Confédération puisse mettre à disposition de la fondation des ressources qui résultent de la vente de bien-fonds dont elle n'a plus besoin.

Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. S'il donne également son aval, le Parc d'innovation pourrait être opérationnel à compter du 1er janvier 2016. (ats)

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