Conseils d’éducation - Parents au bout du rouleau, ce livre pourrait changer votre vie
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Conseils d’éducationParents au bout du rouleau, ce livre pourrait changer votre vie

En matière d’éducation, les Occidentaux ont tout faux. C’est ce qu’avance l’ouvrage phénomène «Chasseur, cueilleur, parent» qui détaille les méthodes de tribus ancestrales.

par
Nina Seddik

«Les cultures ancestrales excellent dans l’art d’éduquer des humains heureux. Qu’ont-elles à nous apprendre?» C’est la question posée par Michaeleen Doucleff dans son livre «Chasseur, cueilleur, parent», classé parmi les meilleures ventes aux Etats-Unis, publié à la fin du mois d’août en français. «Jamais auparavant je n’avais été aussi mauvaise dans quelque chose dans lequel je voulais être bonne», confie-t-elle dans le livre. Dépassée et épuisée par les problèmes de comportement de Rosy, sa fille âgée de 3 ans, la journaliste scientifique décide de s’intéresser aux méthodes d’éducation de certaines tribus. Enfant sur le dos et bloc-notes en main, l’Américaine intègre le quotidien de Mayas, au Mexique, d’Inuits, en Alaska, et d’Hazda, en Tanzanie.

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Ses conclusions? Les Occidentaux ont tout faux en matière d’éducation. Selon Michaeleen Doucleff, l’une des erreurs principales serait de trop infantiliser les enfants «Nous sous-estimons leurs capacités physiques et émotionnelles, explique-t-elle dans une interview accordée à «Madame Figaro». Dans les communautés que j’ai rencontrées, les parents ne donnent que deux voire trois instructions verbales par heure. Ils surveillent les enfants de très près mais n’interviennent que lorsqu’ils s’approchent ou dépassent les limites, de la façon la plus douce possible. Non seulement, les jeunes en ressortent plus autonomes, mais peuvent aussi avoir davantage la sensation de contrôler leurs actions.»

Faire le ménage dès 6 ans

Autre constat des plus surprenants: dès 6 ans, un enfant serait capable de gérer les différentes tâches domestiques, comme faire la lessive ou à manger, et ce, de son plein gré. «Quand le bébé montre de l’intérêt pour une tâche ménagère, le réflexe du parent occidental consiste généralement à éloigner le petit et lui dire d’aller jouer ailleurs. Lorsqu’il est plus grand, on réclame son aide mais ce dernier a depuis perdu toute motivation», note Michaeleen Doucleff. Pour contrer ces messages contradictoires, la journaliste recommande d’accepter et de valoriser l’intérêt porté par l’enfant aux tâches ménagères, comme dans les familles mayas. «En les incluant naturellement dès le début, on augmente leurs motivations au lieu de les éroder totalement.»

L’enfant, cet être irrationnel

Votre enfant pique une grosse colère? Michaeleen Doucleff conseille de rester calme, voire impassible: «En Arctique, les parents considèrent les enfants comme des créatures irrationnelles et illogiques, qui ne savent pas contrôler leurs émotions. Ils s’attendent donc à ce que ces derniers se comportent mal, soient bruyants voire méchants, mais ne le prennent pas personnellement.» L’enfant ne serait donc pas en train de tester ses parents ni de les pousser à bout intentionnellement, mais d’exprimer sa frustration de la seule manière qu’il connaisse. Réprimer sa colère pour ne pas aggraver celle de l’enfant serait donc la clé: «C’est difficile mais lorsqu’on arrive à briser ce cycle infernal, on va puiser dans d’autres émotions pour répondre à l’enfant: l’empathie, la gentillesse, l’appréciation…», assure Michaeleen Doucleff.

Éduquer à plusieurs

Pour aider les parents épuisés à tenir le coup, Michaeleen Doucleff préconise de s’inspirer de certaines tribus tanzaniennes qui élèvent leurs enfants en communauté. Amis, voisins, baby-sitters: les «Alloparents» sont une aide considérable. La diversité des personnes impliquées dans la vie de l’enfant, en dehors des parents, serait même un outil d’éducation précieux, selon la journaliste: «Les enfants s’épanouissent davantage lorsqu’ils sont élevés en coopération. Et en cette période de pandémie, ces «Alloparents» sont d’autant plus nécessaires pour procurer un sentiment de sécurité et de soutien.»

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