Zurich: Parfum de corruption pour un contrat à 350 millions

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ZurichParfum de corruption pour un contrat à 350 millions

L'achat de 70 trams a déclenché une guerre entre entreprises. Le PDG de Stadler Rail dénonce Bombardier.

par
Emmanuel Coissy
Datant des années 1970, les rames sont maintenant vétustes.

Datant des années 1970, les rames sont maintenant vétustes.

On n'y va pas par quatre chemins dans le milieu des transports. Pour Peter Spuhler, patron de Stadler Rail, il s'agit d'un cas de «corruption», écrit la «NZZ am Sonntag». Il accuse son concurrent, Bombardier, d'en être l'instigateur. Cette déclaration est l'énième rebondissement dans une affaire aux allures de serpent de mer.

L'enjeu est de taille: un contrat devisé entre 280 et 350 millions de francs pour qui fournira 70 trams aux Transports publics zurichois (VBZ). Leur entrée en service aurait dû avoir lieu il y a deux ans déjà! Le besoin est pressant, car le matériel actuel est vétuste et inadapté aux poussettes ou aux fauteuils roulants.

A l'origine, Bombardier avait remporté la mise, devant Stadler Rail, Siemens et une société espagnole. Surpris par l'attribution, un organe de surveillance (émanant des autorités municipales, cantonales, fédérales, CFF) a mandaté une expertise indépendante. Celle-ci révèle que le modèle choisi n'a pas le meilleur rapport qualité/prix, indique un reportage de la télévision alémanique diffusé mercredi. L'émission relève aussi que des véhicules Bombardier, jadis acquis par Zurich, tombaient souvent en panne, mais surtout que le vice-président des VBZ a été auparavant un employé dudit constructeur.

Les acteurs incriminés démentent toute irrégularité et Bombardier est prêt à en découdre devant la justice. Ses rivaux, eux, veulent qu'on rejoue la partie. En attendant, les vrais lésés sont les usagers.

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