04.11.2020 à 14:39

FranceParis dissout un groupe ultra-nationaliste turc

Le groupe ultra-nationaliste turc Les Loups Gris, impliqué dans de récentes actions violentes contre la communauté arménienne en France, a été dissous mercredi lors du Conseil des ministres à Paris.

«Le mouvement des Loups gris a été dissous en Conseil des ministres, conformément aux instructions du Président de la République», a tweeté le ministre, Gérald Darmanin.

«Le mouvement des Loups gris a été dissous en Conseil des ministres, conformément aux instructions du Président de la République», a tweeté le ministre, Gérald Darmanin.

AFP

Le groupe ultra-nationaliste turc Les Loups Gris, impliqué dans de récentes actions violentes contre la communauté arménienne en France, a été dissous mercredi lors du Conseil des ministres, a annoncé sur Twitter le ministre français de l’Intérieur.

«Le mouvement des Loups gris a été dissous en Conseil des ministres, conformément aux instructions du Président de la République», a tweeté le ministre, Gérald Darmanin, estimant dans son décret que ce groupuscule «incite à la discrimination et à la haine et est impliqué dans des actions violentes».

Cette dissolution intervient dans un contexte diplomatique fortement dégradé entre Paris et Ankara depuis l’an dernier, en raison notamment de désaccords sur la Syrie, la Libye et la Méditerranée orientale.

Ces tensions se sont encore intensifiées depuis fin octobre, lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan a initié une campagne de boycott de produits français et violemment attaqué son homologue français Emmanuel Macron pour avoir défendu le droit de publier des caricatures au nom de la liberté d’expression.

M. Erdogan a accusé son homologue français de mener une «campagne de haine» contre l’islam et mis en cause son «état de santé mentale».

Le mouvement des Loups Gris, dont le signe de ralliement est un pouce joint au majeur et à l’annulaire, a été fondé dans les années 1970 pour soutenir le parti extrémiste turc proche de l’idéologie fasciste MHP. Les Loups Gris ont commencé à faire parler d’eux dans les années 1980, lors d’actions violentes contre des militants de gauche et des minorités.

Actif en Turquie comme au sein d’une partie de la diaspora en Europe, il est aujourd’hui réputé proche de Recep Tayyip Erdogan, même s’il n’est pas porteur d’un discours religieux marqué comme le président turc.

«Manifestations armées»

«Plusieurs foyers de ce mouvement ont été identifiés sur le territoire» français et «ses membres participent à des camps d’entraînement», souligne le décret de dissolution, citant notamment un «camp des armes de jeunesse» organisé en Ardèche (sud de la France) en décembre 2019.

Les Loups Gris promeuvent «une idéologie tendant à discriminer voire à provoquer à la violence contre les personnes d’origine kurde et arménienne», poursuit le décret.

Le texte évoque ainsi plusieurs «manifestations armées» contre ces populations dans lesquelles a été impliqué le groupuscule, notamment à Reims (nord) en novembre 2016 et à Décines-Charpieu, près de Lyon (est), en juillet dernier.

De nouvelles «actions violentes» des Loups Gris dirigées contre la communauté arménienne ont eu lieu la semaine dernière à Vienne (est) et Dijon (est), avec pour toile de fond la guerre dans la région indépendantiste du Nagorny Karabakh, opposant l’Arménie et l’Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie.

Dimanche, toujours dans la région de Lyon, un mémorial du génocide arménien a été retrouvé tagué avec l’inscription «Loups Gris» et de nouvelles inscriptions anti-Arméniens ont été découvertes lundi à Meyzieu (est) et sur les murs du consulat d’Arménie à Lyon.

(AFP/NXP)

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