Actualisé 23.08.2012 à 17:06

Crise de la detteParis et Berlin confrontent leurs différences

Angela Merkel et François Hollande devaient tenter de surmonter leurs divergences sur la crise de l'euro jeudi soir à Berlin. Ils évoqueront la Grèce.

La rencontre entre la chancelière allemande et le président français constitue une nouvelle étape du ballet diplomatique au cours duquel pourrait être décidé un assouplissement des conditions d'austérité demandées à Athènes en échange de son sauvetage.

Les deux responsables devaient se retrouver à 19h00 pour un dîner de travail. Aucune conférence de presse commune n'est prévue, mais de simples déclarations dès l'arrivée du président français à la chancellerie. Ceci devrait éviter de souligner les différences.

«Ce dont on parle, ce n'est pas de savoir si la Grèce va tenir deux ou trois semaines de plus mais ce qu'il adviendra à l'horizon de 2020», a indiqué une source proche des discussions à Paris.

«François Hollande cherche à sortir du court terme, d'où la discussion sur l'union économique et monétaire ou l'union bancaire. C'est aussi un retour à une méthode classique du couple franco- allemand, on se parle pour s'assurer qu'on ne diverge pas», a ajouté cette source.

«Le point de départ pour le président (français) est que la Grèce doit rester dans la zone euro», précisait-on également à Paris.

Athènes veut souffler

La Grèce, entrée dans sa cinquième année de récession, doit réaliser 11,5 milliards d'euros d'économies à travers des coupes budgétaires drastiques et des réformes structurelles. Le Premier ministre grec Antonis Samaras a expliqué lors de sa campagne électorale vouloir obtenir un sursis de deux ans renvoyant à 2016 l'assainissement de ses comptes publics jusque-là prévu pour 2014.

«Nous sommes sûrs que la crédibilité du pays sera rétablie», a-t- il assuré lors de sa rencontre mercredi avec le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Ce dernier a assuré la Grèce de son soutien.

Il a rappelé que «la priorité numéro un» du pays devait être l'assainissement de ses finances, via une «stratégie robuste et crédible». «Dans l'immédiat, la balle est dans le camp grec. En fait, c'est la dernière chance et les Grecs doivent le savoir», a-t- il averti.

«Tout ce que nous voulons, c'est un peu d'air pour respirer, remettre l'économie en route et accroître les revenus de l'Etat», a plaidé pour sa part M. Samaras, qui doit s'entretenir avec Angela Merkel vendredi à Berlin, et avec François Hollande samedi à Paris.

Berlin critique

Donner «plus de temps (à Athènes) n'est pas une solution au problème. (...) Plus de temps signifie (...) plus d'argent», lui a vertement répondu le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble jeudi à la radio allemande. Le ministre d'outre-Rhin a toutefois précisé comprendre la situation difficile de la Grèce.

Face à la France perçue comme plus souple, l'Allemagne refuse dans l'immédiat toute renégociation du plan d'aide et Mme Merkel a réaffirmé mercredi en Moldavie qu'elle ne prendrait aucune décision avant un rapport de la troïka (UE-FMI-BCE) attendu pour septembre.

Ce rapport doit évaluer l'avancement du programme de réformes demandées à Athènes, dont dépend le versement d'une tranche d'aide supplémentaire de 31,5 milliards d'euros. Sans argent frais, la Grèce pourrait se retrouver rapidement en défaut de paiement, une situation synonyme de sortie de la zone euro selon des analystes.

«Une 'Grexit' (pour Grèce et exit) comme on l'appelle, serait dévastatrice pour la Grèce et préjudiciable pour l'Europe», a déclaré M. Samaras jeudi dans le journal français «Le Monde».

Note aux rédactions: Synthèse réactualisée en soirée après la rencontre Hollande-Merkel

(ats)

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