Taxe financière: Paris et Berlin d'accord sur le fond
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Taxe financièreParis et Berlin d'accord sur le fond

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel ont affiché lundi à Berlin leur accord sur le principe d'une taxe sur les échanges financiers.

Les deux dirigeants continuent cependant à diverger sur la forme, Paris restant déterminé à forcer l'allure. «Ma conviction, c'est que si nous ne montrons pas l'exemple, ça ne se fera pas. L'idée de la France, c'est d'appliquer le projet de directive» de la Commission européenne, a indiqué M. Sarkozy lors d'une conférence de presse avec Mme Merkel.

Cette dernière a jugé qu'il s'agissait «d'une bonne initiative pour passer de la parole à l'acte», mais a répété sa préférence pour une action concertée au niveau européen.

«Côté allemand, le but est d'avoir une déclaration d'intention des ministres des Finances (de l'Union européenne) d'ici au début mars» sur une telle taxe. Elle a ajouté que, «personnellement», elle pouvait «imaginer une telle taxe au niveau de la zone euro» seule, tout en précisant que cette option, qui exclut la City de Londres, n'était pas soutenue par l'ensemble de son gouvernement.

Pour le reste, le couple «Merkozy» a affiché son accord sur la marche à suivre pour tenter d'endiguer une crise de la zone euro toujours plus aigue.

Traité européen signé le 1er mars

La France et l'Allemagne souhaitent ainsi que l'accord européen renforçant la discipline budgétaire, et sur lequel 26 des 27 pays de l'UE se sont engagés début décembre, soit signé «pour le 1er mars», a déclaré le président français.

Les deux dirigeants sont par ailleurs d'accord pour réfléchir aux moyens «d'accélérer le versement du capital» du futur mécanisme de secours européen (MES).

Mme Merkel et M. Sarkozy ont aussi réitéré leur volonté de maintenir la Grèce dans la zone euro, à condition toutefois que le pays mette en oeuvre des réformes budgétaires. La chancelière a jugé «nécessaire» la mise en oeuvre d'un programme de restructuration de la dette grecque, mais tenu à rassurer les marchés en affirmant que cette procédure resterait «une exception».

Les deux dirigeants ont aussi indiqué avoir sollicité l'expertise de la Banque centrale européenne pour renforcer l'efficacité du dispositif de secours provisoire FESF, qui peine à convaincre les investisseurs de son efficacité.

Enfin, tous deux ont insisté sur la nécessité d'accompagner les efforts de rigueur budgétaire d'initiatives pour la croissance et l'emploi, qui sont «la priorité» selon M. Sarkozy, et un «deuxième pilier» pour Mme Merkel. (ats)

Hollande «pour» la taxe Tobin mais veut en savoir plus

Le candidat PS à l'Elysée François Hollande a réaffirmé lundi qu'il était «pour» la taxe Tobin sur les transactions financières mais qu'avant de voter celle proposée par Nicolas Sarkozy il voulait en connaître «le taux et les modalités».

«Je suis pour cette taxe» mais avant de la voter «je vais essayer d'abord d'en connaître le taux», les modalités, a déclaré M. Hollande lors du Grand Journal de Canal .

«Moi j'essaie d'être cohérent, je ne suis pas comme Nicolas Sarkozy, je ne change pas d'avis selon les circonstances», a-t-il ajouté estimant que si le chef de l'Etat «a sorti cette idée à quelques semaines de l'élection présidentielle» c'est «parce qu'il va vraisemblablement proposer dans quelques jours une augmentation de la TVA».

«Moi, chaque fois qu'on me propose une bonne mesure, je la vote mais mon rôle comme candidat et demain comme président, c'est de faire que ce que je vote s'applique», a aussi déclaré le député de Corrèze.

«Je ne suis pas dans un effet d'affichage, de proclamation, de mise en scène», a-t-il dit rappelant qu'il militait pour cette taxe «depuis des années».

«Ce qu'il conviendrait de faire si j'étais demain dans la situation de décider comme président de la République, ce serait de la faire avec trois ou quatre pays d'abord en Europe, et de faire en sorte qu'il y ait une cohérence et sur le taux et sur l'assiette».

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