Actualisé 11.03.2011 à 12:24

Crise en LibyeParis et Londres prêts à frapper la Libye

France et Grande-Bretagne envisagent des frappes ciblées en Libye pour empêcher Mouammar Kadhafi d'utiliser des armes chimiques ou son aviation contre ses opposants.

Le sommet de l'Union européenne sur la Libye a tourné vendredi à la discorde. La France et la Grande-Bretagne insistent pour se tenir prêt à intervenir militairement si nécessaire, alors qu'un grand nombre de pays refusent d'envisager une telle option par crainte de l'escalade.

«Avec (le premier ministre britannique) David Cameron, les Anglais et les Français, nous avons dit notre disponibilité» à une éventuelle action militaire pour protéger les populations, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy à son arrivée à la réunion extraordinaire sur le conflit en Libye.

Cela serait «à la condition expresse que les Nations unies le souhaitent, que la Ligue arabe l'accepte et que les autorités libyennes que nous souhaitons voir reconnues le désirent». Il s'agirait d'»actions ciblées purement défensives, au seul cas où M. Kadhafi ferait usage d'armes chimiques ou de l'aviation contre des populations qui manifestent sans violence», a-t-il dit.

M. Cameron lui a fait écho, en estimant que l'Union européenne doit se préparer «à toute éventualité» pour chasser le colonel Mouammar Kadhafi du pouvoir. «Je pense qu'il est important que les pays européens fassent preuve de volonté politique, d'ambition», a dit M. Cameron.

Réticences

Mais ce cavalier seul franco-britannique irrite de nombreux partenaires européens, à commencer par l'Allemagne. La chancelière Angela Merkel a implicitement appelé Paris et Londres à ne pas semer la zizanie en Europe sur le sujet. «Je souhaite que nous envoyions aujourd'hui un signal d'unité, car diviser pour régner ne servirait que Kadhafi», a-t-elle indiqué.

La Suède, par la voix de son premier ministre Fredrik Reinfeldt, a sèchement rejeté l'idée d'une intervention militaire dans le cadre de l'UE. «Toute discussion sur une intervention militaire relève davantage de l'ONU, de l'OTAN et de la Ligue arabe», a-t-il dit.

Autre sujet de contentieux: la reconnaissance de l'opposition libyenne, incarnée par le Conseil national de transition (CNT). La France a été la première à franchir ce pas jeudi, et M. Sarkozy a insisté pour que l'Union européenne suive cette voie vendredi.

Avertissements de Kadhafi

Le gouvernement Kadhafi a envoyé un texto aux habitants de Tripoli mettant en garde les imams des mosquées s'ils autorisaient les manifestations après la prière. Est cité dans ce message le Cheik saoudien Saleh Fawzan, membre du Conseil suprême saoudien des clercs, qui juge «inacceptable» qu'un imam «incite les gens (ou) cause des perturbations à la société dans une mosquée».

Au cours des deux derniers vendredis, des manifestations ont été organisées après la prière du vendredi, contre lesquelles des gaz lacrymogènes et des balles réelles ont été tirées. On ignore le nombre de morts. (ats/ap)

Les rebelles résistent à Ras Lanouf

Les rebelles résistaient vendredi dans le port pétrolier stratégique de Ras Lanouf, après de violents combats les ayant opposés aux forces loyales au colonel Moammar Kadhafi, qui ont repris une grande partie de cette ville de l'est du pays.

D'après le directeur-adjoint de l'hôpital de la ville voisine d'Ajdabiya, les forces de Kadhafi ont repris jeudi des quartiers résidentiels de Ras Lanouf, mais les rebelles tenaient toujours les zones industrielles et les installations pétrolières.

Quatre morts et une quarantaine de blessés dans les combats ont été conduits à l'hôpital d'Ajdabiya.

80% de la production de pétrole à l'arrêt

La production libyenne de pétrole a chuté d'environ 80% depuis le début de la révolte. Elle est tombée à «200'000 ou 300'000 barils par jour maximum», a déclaré vendredi Total.

«Il y a aux alentours de 1,4 million de barils par jour de production en moins» par rapport à la situation qui prévalait avant le début de la révolte contre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a expliqué le PDG de la compagnie pétrolière française.

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