Actualisé 31.08.2013 à 13:06

SyrieParis lèche les bottes d'Obama: Londres jalouse

La presse britannique était samedi piquée au vif par la proximité sur le dossier syrien entre les États-Unis et la France, qualifiée de «plus vieil allié» par Washington.

Alors que Londres se retrouve sur la touche quant à la possible frappe militaire contre Damas, le tabloïd «The Sun» a publié en Une «un avis de décès de la relation spéciale» unissant Londres et Washington, dont «l'enterrement se tiendra à l'ambassade de France» à Londres.

«Nous avons perdu notre place spéciale... en faveur des Français», se lamente le journal, habitué à jouer sur la rivalité franco-britannique.

«Les États-Unis snobent la Grande-Bretagne et font ami-ami avec les Français», clamait en Une un autre tabloïd, le «Daily Mail», relevant que le secrétaire d'État américain John Kerry avait qualifié vendredi la France de «plus vieil allié» des États-Unis sans faire aucune mention du Royaume-Uni malgré la «relation spéciale» unissant les deux pays.

Cette remarque du chef de la diplomatie américaine était mise en valeur dans tous les journaux. Le «Daily Telegraph», proche des Conservateurs, publiait en Une un dessin montrant deux Français à béret devant la tour Eiffel et commentant: «Les Britanniques ne sont qu'une bande de singes capitulards buveurs de thé.»

L'expression reprend celle qui était régulièrement utilisée aux États-Unis à l'encontre des Français («singes capitulards bouffeurs de fromage») au moment où ils s'étaient opposés à l'invasion américano-britannique en Irak en 2003.

«Consternation nationale»

Dans son éditorial, «The Times» reprend la déclaration de François Hollande promettant de ne pas laisser «impunie» l'attaque chimique du 21 août en Syrie attribuée au régime de Bachar al-Assad. «C'est un sujet de consternation nationale, et même de honte, que pendant que le président français pouvait prononcer ces mots résolus, lucides et justes, le Premier ministre britannique devait se limiter à donner l'assurance qu'il ne ferait rien», écrit le journal.

«Ce n'est pas un concours de beauté avec la France», commentait pour sa part l'ancien ambassadeur de Grande-Bretagne aux États-Unis Nigel Sheinwald sur la BBC. «Ce qui est intéressant c'est que sur la Syrie, comme sur la Libye, les Européens, les Français et les Britanniques, ont essayé de pousser les États-Unis à adopter une posture plus active», disait-il, diplomate. (afp)

Les accusations d'attaque chimique syrienne sont «une absurdité totale»

Le président russe Vladimir Poutine a qualifié samedi d'«absurdité totale» les accusations d'utilisation d'armes chimiques par la Syrie et a appelé les Etats-Unis à présenter les preuves qu'ils disent avoir d'une éventuelle implication du régime syrien. «Les forces syriennes sont à l'offensive et cernent l'opposition dans plusieurs régions. Dans ces conditions, fournir un atout à ceux qui appellent à une intervention armée serait une absurdité totale», a déclaré M. Poutine aux journalistes à Vladivostok (Extrême-Orient russe), en répondant à une question sur l'utilisation présumée d'armes chimique par le régime syrien. «Cela va à l'encontre de toute logique», a-t-il insisté. «Je suis convaincu que ce n'est qu'une provocation de ceux qui veulent entraîner d'autres pays dans le conflit syrien et s'assurer le soutien des acteurs internationaux puissants, en premier lieu, celui des Etats-Unis», a indiqué M. Poutine. Le président russe a appelé Washington à fournir les preuves qu'il dit détenir, en soulignant que «l'interception de conversations quelconques ne pouvait pas servir de base pour la prise de décisions fondamentales, notamment le recours à la force contre un Etat souverain».

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